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Politique

Solidarité avec les zadistes !

2500 gendarmes, 2 hélicoptères : la guerre contre la ZAD se prépare-t-elle à Notre Dame Des Landes ?

C’est Le Monde qui a révélé le pot aux roses : après l’ultimatum du gouvernement, les forces de l’ordre devraient intervenir lundi 9 avril pour « expulser » les zadistes de Notre Dame Des Landes, quitte à ouvrir une zone de guerre civile dans le pays nantais.

Y aura-t-il un second Rémi Fraisse ? Vu le déploiement de forces de l’ordre à Notre Dame des Landes, c’est la question que l’on peut se poser. Selon Le Monde, le début de la procédure d’évacuation (le gouvernement préfère parler « d’expulsion ») devrait avoir lieu lundi prochain. 2500 gardes mobiles, soit 25 escadrons de la gendarmerie, ainsi que deux hélicoptères seront déployés dans la zones pour virer à coup de grenades, flashball et matraques les zadistes qui défendent NDDL depuis des années maintenant. De plus, près de 700 CRS devraient renforcer ceux déjà présents dans les villes de Nantes et Rennes, susceptibles pour le gouvernement de s’enflammer si NDDL est évacuée.

Six ans après l’opération « César » qui avait tenté d’évacuer -sans succès- la zone, le gouvernement joue son va-tout en utilisant la carte répressive pour mettre fin à ce qu’Edouard Philippe a désigné comme « une zone de non-droit », là où les zadistes avaient proposé une convention d’occupation temporaire et collective des terres, soutenus par les agriculteurs locaux. Les lacrymogènes vont donc pleuvoir sur NDDL la semaine prochaine, car les occupants, comme en 2012, ont prévenu : face à la violence d’un Etat qui n’a pas hésité à tuer Rémi Fraisse « on ne se laissera pas faire : la résistance sera physique et déterminée. » Le mouvement prévoit d’ores et déjà des barricades, des barrages humains et mécaniques, des méthodes d’harcèlement des forces de répression. Quoi de plus légitime face à Macron et ses forces armées dont le seul objectif est, alors que les mouvements contre la réforme du rail et contre la sélection à l’université se renforcent, d’envoyer un message clair à toutes celles et ceux qui remettent en cause l’autorité du Gouvernement : « rentrez dans le rang ou c’est la matraque ».

Pour éviter des scènes d’affrontements collectifs, les gendarmes souhaitent faire des « arrestations ciblées ». La méthode reflète la façon de penser de l’exécutif : ce ne sont pas des militants qui veulent protéger le bocage qu’il faut arrêter, ce sont des terroristes qu’il faut mettre hors d’état de « nuire ».

Face à cette politique de répression des mouvements sociaux quels qu’ils soient (faut-il rappeler la nasse lors de la dernière manifestation cheminote, ou encore les interventions de flics dans les facs ?), une seule solution s’impose : la solidarité contre l’arbitraire de l’État et ses méthodes bonapartistes.

Crédits Photo : Franck Dubray




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