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Jeunesse

Après la manifestation de Calais. Communiqué du NPA jeunes Paris 8

3 étudiantes italiennes solidaires des migrants mises en rétention et menacées d’expulsion

Liberté et arrêt des poursuites pour tou-te-s les manifestant-e-s arrêté-e-s à Calais !

La manifestation organisée en soutien à Calais ce samedi 23 janvier illustre une fois de plus l’hypocrisie du gouvernement français, dont la politique de repli national fait une fois de plus des victimes. En effet, le gouvernement et les médias officiels se sont empressés de dénoncer quelques dégradations minimes (un tag sur une statue du père de leur si chère Vème République), mais ont passé sous silence les événements les plus choquants : un homme visiblement opposé à la présence de migrants qui sort son fusil pour menacer les manifestant-e-s, une menace de mort anonyme déposée au pied de la statue de De Gaulle : « Touchez encore à ce symbole et vous rejoindrez les 2 racails (sic) gauchistes Clément Meric Remi Fraisse ». Non contents de consentir muettement à ce traitement de choc, les autorités françaises montrent bien la couleur des choix politiques que leur permet de justifier la crainte d’un terrorisme toujours venu d’ « ailleurs » derrière l’idée d’union nationale contre tous les « autres », désignant ses ennemis : ceux qui n’adhèrent pas au discours officiel. Ainsi, 15 personnes ont été arrêtées samedi.

Double-peine pour les étrangers

Parmi ces 15 personnes, huit devaient passer en comparution immédiate ce lundi 25 – une fois encore, le gouvernement sait faire preuve de zèle lorsque cela sert ses fins, de permissivité ailleurs. Une justice à double vitesse qui vise avant tout ceux et celles qui s’opposent aux politiques anti-sociales du gouvernement et les étrangers. Parmi ces quinze personnes, six sans papiers sont présentées comme « auteurs des faits », les autres de chez nous écoperont d’une charge moins lourde avec le qualificatif plus léger de « complices ». Le procès reporté au 22 février leur permettra, peut-être, de constituer un maigre dossier de défense. Mais ils et elles encourent de lourdes peines : six mois de prison ferme et 3 750€ d’amende. En attendant, les six sont placé-e-s en détention, les deux autres sont placés sous contrôle judiciaire et ont interdiction de fréquenter la région.

Les sept autres personnes arrêtées devaient être libérées dimanche : seules quatre l’ont été, toutes de nationalité française. Les trois autres sont moins chanceuses : la nationalité italienne ne donne pas les mêmes droits. Au pays des droits de l’homme, on est pour l’égalité mais pas avec les autres. Ces trois personnes sont, elles, placées en rétention pour motif de « trouble à l’ordre public » ! Pour couronner le tout : une OQTF garantira que, si on ne peut pas encore expulser tous les « gauchos », à qui on aurait bien aimé pouvoir étendre aussi la déchéance de nationalité, ceux-là au moins ne reviendront pas de sitôt.

Ce ne sont pas des terroristes. Ce sont simplement des manifestant-e-s qui ont voulu exprimer leur solidarité avec les migrant-e-s, qui ont voulu défendre leur droit à circuler, à s’installer, à travailler et à tenter de recommencer une vie ici. Le gouvernement, lui, ne lésine pas sur les cadeaux qu’il fait au patronat et sur l’argent qu’il destine à faire la guerre et bombarder ailleurs, au temps que sa justice condamne les travailleurs de Goodyear à 2 ans de prison pour avoir défendu l’emploi, et enferme les manifestant-e-s.

Parmi ces trois italien-nes, il y a une étudiante à Paris 8 qui avait décidé de participer ce jour-là au cortège et qui a eu la malchance d’être prise, et d’avoir des papiers étrangers. A quoi tient donc notre liberté ?

Nous déclarons notre soutien à notre camarade étudiante et à toutes les autres personnes arrêtées ce samedi 23 janvier. Nous réclamons la libération immédiate de toutes les personnes retenues et l’abandon de toutes les poursuites à l’encontre des manifestant-e-s. Nous rappelons également notre solidarité avec les migrant-e-s.

Le comité NPA Paris 8, à Saint-Denis le 25/01/2016

Mail : npa.paris8@gmail.com
Facebook : NPA jeunes Paris 8 (université Saint-Denis)




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