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Notre classe

Le patronat ne connait pas la crise

3 millions : le salaire du PDG d’ING, augmenté de 50% après avoir licencié 7000 salariés

Ralph Hammers, le directeur général de la banque ING, se voit récompensé pour avoir mené un plan de licenciements massif dans ses filiales aux Pays-Bas et en Belgique. Son salaire annuel monte à 3 millions d'euros. Une augmentation qui passe mal.

Ce n’est une surprise pour personne, les patrons s’engraissent sur le dos de leurs employés. C’est ce que confirme une énième fois le rapport annuel 2017 d’ING. Celui-ci décrit l’augmentation de 50% de la rémunération de son PDG, Ralph Hammers, comme une nécessité pour avancer et se maintenir dans le classement des chefs d’entreprises les mieux payés.

La banque internationale fait donc monter le salaire de son PDG de 1,75 millions à 3 millions d’euros. Belle récompense que voilà pour celui qui est à l’origine de la restructuration de l’entreprise en 2016 ayant causé le licenciement de 7000 employés en Belgique et aux Pays Bas.

Une telle augmentation directe est illégale au Pays-Bas, car les lois néerlandaises fixent un plafond de 20% de bonus. Mais le patronat n’a que faire de ces lois « liberticides » pour leurs intérêts et trouve toujours moyen de s’arranger. Ainsi, c’est par le biais d’actions à hauteur de 50% de son revenu fixe annuel que Ralph Hamers recevra son augmentation.

S’attendant à ce que l’annonce cause des remous dans la société auprès des employés, la direction d’ING a sorti un communiqué en interne en direction des employés mettant sur la table l’importance de « retenir à coup sûr les personnes les plus compétentes aux postes de direction ». Pas sûr que cela suffise, étant donné que même la classe politique s’est sentie obligée de « dénoncer » cette augmentation cynique.

En effet, du côté des partis libéraux, la décision est jugé excessive, à l’instar de Wopke Hoekstra, ministre des Finances, membre du parti Appel Chrétien-Démocrate. Pour comprendre pourquoi des libéraux voient d’un mauvais œil l’augmentation d’un PDG, il faut prendre en compte le fait qu’ING a été renfloué par l’État en 2008. Pas moins de 10 milliards d’argent public ont été versé à la banque. Pas sûr que l’électeur néerlandais apprécie la « réussite » du PDG. Wopke Hoekstra pense que cette augmentation n’aidera pas à restaurer la « confiance fragile » des néerlandais dans le secteur bancaire. Les parlementaires réclament donc une audition de Ralph Hammers courant Avril.

Si le licenciement de 7000 employés ne pose pas de problème aux politiques et à la direction d’ING, il doit questionner la société sur les pratiques des requins financiers qui ont quémandé de l’argent public pour survivre et s’augmenter de manière indescente tout en poussant dans la précarité des milliers de personnes. 50% d’augmentation pour 7 000 licenciements, c’est une belle récompense mais on peut également penser que cette augmentation servira aussi à motiver le PDG pour les licenciements futurs puisqu’il est prévu, notamment, que d’ici 2021, le nombre d’agences ING en Belgique passent de 650 à 196.

Crédit photo : dessin issu des humeurs d’OLI




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