^

Société

Objectif zéro SDF

3000 Sans-Domicile-Fixe à Paris : la Macronie, entre mensonge et cécité

Durant la « Nuit de la Solidarité », organisée le 15 février, les 350 équipes de bénévoles et de professionnels déployés sur Paris ont dénombré 2953 personnes à la rue. La veille, après plusieurs semaines de Fake News entretenues par la majorité, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron reconnaissait dans une allocution à la presse n’avoir « pas réussi » à tenir sa promesse présidentielle que « plus personne ne dorme dans la rue en France ». Juste à temps ?

Dans la nuit du 15 au 16 février dernier, 350 équipes de 1700 bénévoles et de 250 professionnels ont réalisé un décompte des personnes à la rue à Paris : près de 3 000 personnes ont été décomptées, dormant dehors en plein hiver. A Paris, les personnes SDF sont surtout concentrées dans les arrondissements du Nord et de l’Est de la capitale, en particulier à proximité des gares et des centres d’accueil et de distribution de solidarité.

Un chiffre peu surprenant pour quiconque utilise les transports franciliens au quotidien. Cette précarité et cette pauvreté, comme partout en France, est toujours plus visible dans la capitale. Selon l’INSEE, entre 2001 et 2012, le nombre de personnes SDF dans l’agglomération parisienne a augmenté de 84% et s’élevait à 28 800 adultes début 2012 (soit bien plus que ce que relève la dernière opération « Nuit de la Solidarité ») avec une majorité d’hommes, mais un nombre de femmes en constante augmentation. Parmi eux, 31% avaient un emploi.

Face à ces chiffres et ’opération « Nuit de la Solidarité » qui l’aurait désavoué, Emmanuel Macron a décidé d’anticiper. Le 13 février, dans une allocution à la presse, il a évoqué son échec concernant son objectif d’offrir un logement à tous : « je n’ai pas réussi » a-t-il modestement glissé. A croire qu’il a même essayé…

Cela n’avait pourtant pas empêché les rangs de sa majorité de répandre es Fake News pendant plusieurs semaines sur la question des sans-logements. On connaissait le désamourque son ami et bras droit, Gérard Collomb, actuel ministre de l’Intérieur, portait aux SDF lorsqu’il était maire de Lyon. Mais lorsque ce dernier, appuyé par les déclarations de Christian Castaner, et du député de Paris, Sylvain Maillard, assure que les personnes SDF le sont « par choix », car ils « refusent d’être pris en charge », c’est un pur et flagrant déni de la réalité, un concentré de mépris et d’insensibilité qui marque la frontière irréconciliable entre le eux et le nous. Ce qu’ils prétendent faire disparaitre derrière des éléments de langage, c’est un monde qu’ils sont loin d’ignorer mais qu’ils ne veulent pas voir.

Crédits : POOL NEW / REUTERS




Mots-clés

SDF   /    Précarité   /    Emmanuel Macron   /    Société