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Notre classe

Pour un 13e mois et 13€ de l’heure

6e jour de grève au McDo de Paris Est : la boîte envoie les vigiles frapper les soutiens

Après les cheminots et les étudiants, les salariés de McDonald’s relèvent eux aussi la tête. Au départ, c’est une attaque contre les salariés marseillais qui a lancé le mouvement, qui se traduit aujourd’hui par une occupation dans le McDonald’s de Paris-Est.

C’est une lutte pour la survie qui se déroule boulevard Magenta à Paris en ce moment : 10 des 37 salariés du McDonald’s de la gare de l’Est sont en grève pour des meilleurs rémunérations et contre des conditions de travail qui les détruisent à petit feu. Depuis l’appel national à la grève vendredi 11 mai dernier, les salariés sont en grève pour obtenir des rémunérations à 13€ de l’heure, un 13e mois ainsi que des garanties sur les libertés politiques et syndicales des salariés. Face à eux, un géant qui ne veut rien entendre, et qui, pour l’instant, fait la sourde oreille. Lies Mansour, syndiqué CGT avec 15 ans de boîte nous confie que « pour l’instant, la direction n’a même pas daigné nous écouter  ». Par contre, elle a envoyé ses vigiles faire assurer l’ordre. Ce matin, alors que les grévistes sont à l’extérieur, ceux-ci s’en prennent aux soutiens, majoritairement étudiants et cheminots, qui sont à l’extérieur. Une personne est même violentée, sous les caméras des grévistes.

Car si seulement 10 salariés sur 37 sont en grève, à cause des contrats très précaires qui les exposent à des licenciements rapides, les soutiens sont nombreux, notamment chez les étudiants : «  ils nous soutiennent car beaucoup d’entre eux sont salariés et connaissent ce que l’on vit : ils sont passés par là. Chez nous, 60 % des salariés sont étudiants : c’est une grève de la jeunesse précaire » avance Lies. En effet, devant l’enseigne, des étudiants, de Tolbiac et de la Sorbonne Nouvelle, toutes deux évacuées par les CRS il y a trois semaines, soutiennent le mouvement. Il faut dire que McDonald’s est parmi les premiers employeurs chez les étudiants, dont 50 % doivent se salarier pour payer leurs études. Mais ils ne sont pas les seuls à soutenir le mouvement : les cheminots sont aussi présents. « Chez nous, la réforme de la SNCF et de notre statut vise en quelque sorte à nous “McDonaldiser“ explique Basile, syndiqué Sud-Rail à Paris Est. Si on se bat pour défendre notre statut, c’est pour tous les salariés, pour que le nivellement se fasse par en haut ». Une solidarité qui est de plus en plus active, après la visite d’une délégation des grévistes aux Assemblées Générales de Paris-Nord et Paris-Est : les grévistes prévoient d’ores et déjà une action commune pour financer leurs caisses de grève respectives, et, comme nous l’assure Basile, «  notre local est évidemment ouvert aux grévistes, c’est le b.a.-ba de la solidarité entre salariés.  »

Au-delà des questions de rémunérations, c’est aussi une grève pour la santé qui se joue, car pour tous les salariés, le travail est synonyme de maladies qui les rongent à petit feu. Sur les 37 salariés, 6 à 7 ont des problèmes de dos dûs aux charges lourdes et aux tâches répétitives : « on doit décharger des camions de 7T trois fois par semaine, à 4 et sans s’ascenseur ! » dénonce Lies, lassé de voir ses collègues quitter l’entreprise avec des hernies discales ou des scolioses. Le travail répétitif, les charges lourdes, mais aussi le management agressif usent la santé psychologique et physique des salariés, au point où certains d’entre eux n’hésitent pas à faire des heures gratuites pour éviter les pressions. Ainsi, un salarié nous explique arriver 15mn avant son service et repartir 15mn après la fermeture des pointeuses pour éviter de subir les pressions managériales, le tout n’étant évidemment pas payé.




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