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Politique

Edito

9 octobre. Manifestons pour exiger un réel plan de bataille et la fin des négociations avec le gouvernement

Ce mardi 9 octobre, la CGT, FO, Solidaires et la FSU appellent à une journée de mobilisation nationale et interprofessionnelle. Focalisées sur les négociations avec le gouvernement, les directions syndicales ont mis au second plan l'organisation de cette journée d'action. Pourtant, il faudra être nombreuses et nombreux dans la rue, pour exiger un plan de bataille à la hauteur des attaques et la fin de toute négociation avec le « président des riches ».

Annoncé de longue date, la journée de mobilisation interprofessionnelle du 9 octobre est censée lancé la rentrée sociale. Après un été pour le moins chaotique pour Macron, et une rentrée elle aussi marquée par une crise politique profonde, Jupiter a lancé ces derniers jours la contre-offensive. Avec la tentative de reprendre la main le « calendrier des réformes » en remettant dans le paysage la réforme constitutionnelle, le remaniement gouvernemental (plus ou moins) annoncé, Macron cherche à démontrer qu’il est toujours le « maître des horloges » et qu’il est toujours à même de « réformer » le pays. Mais c’est aussi sur le plan de la bataille contre les cheminots que le « président des riches » entend montrer qu’il n’en a pas fini avec les contres-réformes. En relançant l’offensive sur le statut des cheminots, en téléguidant Pepy, Macron entend relancer le « bulldozer à réformes », et ce avant d’attaquer les très gros dossiers de son quinquennat, à commencer par la réforme des retraites.

Dans le même temps, Macron est affaibli comme jamais. Non seulement le « vieux monde » que le macronisme était censé éclipser a rejailli avec l’affaire Benalla, mais les départs de poids lourd du gouvernement, la chute dans les sondages, la faiblesse de son appareil politique confrontent Macron a une série de difficultés majeures, alors qu’il reste encore 4 ans de mandat. C’est pourquoi, dans le discours au moins, Jupiter a changé son fusil d’épaule en ce qui concerne le « dialogue social ». Finies, les envolés meurtrières contre les « corps intermédiaires », Macron et Philippe se sont lancé dans l’ouverture de négociation avec l’ensemble des organisations syndicales sur le dossier de l’assurance-chômage. Et si le gouvernement entend mener, au fond, la même politique de bulldozer, le fait est que ce changement de ton permet de prendre appui sur les fameux « partenaires sociaux » pour éviter toute explosion de colère massive qui, dans les temps actuels, pourrait rapidement mettre à mal le pouvoir macronien.

La journée de demain s’inscrit donc dans un contexte où les directions syndicales de par leur participation aux négociations permettent à Macron, en étant la béquille à la gauche du régime, de continuer au son offensive, alors même que le gouvernement est considérablement affaibli. Pourtant, la fronde d’un certain nombre d’UD qui se sont exprimées du côté de la CGT laisse entendre que les travailleurs sont loin d’être dupes. Dans ce cadre, plutôt que d’être une étape dans un plan de bataille sérieux à la hauteur des attaques, la journée de mobilisation du 9 octobre ne permettra pas à elle seule de renverser le rapport de force.

Pour autant, contre la mise au second plan de la journée de mobilisation du 9 octobre derrière les « nécessaires » négociations avec le gouvernement, il convient de se saisir de cette journée pour exprimer le refus des politiques de Macron. S’il semble peu probable que des centaines de milliers de personnes défilent dans les rues ce mardi, il est clair que cette mobilisation doit être temps fort pour interpeler directement les directions syndicales afin de rompre toute négociations avec ce « gouvernement des riches » et l’élaboration d’un plan de bataille dépassant le cadre des « journées saute moutons », visant à la convergence de tous les secteurs actuellement en bataille. De ce changement radical de stratégie dépend en grande partie la suite des événements, dans une situation politique ou le mouvement ouvrier, la jeunesse et les classes populaires sont en position de ne pas seulement résister aux attaques, mais en capacité de lancer une contre-offensive pour (re)conquérir un ensemble de revendication essentielle.

Crédit photo : PHILIPPE LOPEZ/AFP




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