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Société

Islamophobie institutionnelle

A Bergerac, la CAF n’aide plus les maisons de quartiers ouvertes tard pendant le ramadan

La caisse d’allocations familiales (CAF) de Dordogne a décidé d’arrêter de subventionner deux maisons de quartier de Bergerac, sous prétexte que leur ouverture tardive en période de ramadan est une atteinte à la laïcité.

Crédit photo : Radio France

Dans les quartiers les plus populaires de la ville de Bergerac, en Dordogne, deux maisons de quartier ont ouvert un peu plus tard qu’habituellement, en cette période de ramadan. En effet, les travailleurs des centres sociaux la Brunetière et Germaine-Tillon, ont décidé de laisser les lieux à disposition des riverains après la rupture du jeûne, dans le quartier La Catte et celui de Naillac, soumis à la précarité et où bien peu d’espaces communs et de loisirs sont ouverts aux habitants.

Mais c’était sans compter Michel Beylot, directeur de la CAF de Dordogne. Ce dernier a estimé que cette décision était en « lien direct avec un contexte purement confessionnel. Les centres sociaux sont soumis au respect des principes de laïcité, de neutralité et de mixité sociale ». Sous ce prétexte, il a donc coupé les subventions que la CAF allouait à ces deux maisons de quartier.

On doute pourtant que cette mesure, prise sous couvert de « laïcité », aurait également été appliquée s’il s’était agit du carême chrétien. Comme le souligne le maire de Bergerac, Daniel Garrigue, « c’est complètement débile de dire cela [...] C’est comme si on disait ‘‘à Noël il ne doit rien se passer car c’est contraire au principe de laïcité”. »

Et effectivement, ce que trahit cette décision du directeur de la CAF, c’est l’islamophobie décomplexée des institutions, qui se cache derrière une laïcité unilatérale instrumentalisée à l’envi par les représentants de l’ordre et de la morale républicaine.

Et en effet, non contents de parquer les personnes racisées, pour beaucoup issues de l’immigration, dans les quartiers les plus mornes et insalubres des villes et de les maintenir dans la précarité, les représentants des institutions peuvent désormais choisir de fermer les rares espaces de vie qui s’y trouvent pour la seule raison qu’ils sont rendus accessibles à la population musulmane.




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