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Jeunesse

Le mouvement étudiant se réveille

A Tolbiac, les 950 étudiants en AG reconduisent l’occupation jusqu’au 3 avril

Après quatre jours d’occupation de l’université Paris 1 Tolbiac, une assemblée générale de 950 personnes a reconduit le blocage et l’occupation du centre Pierre Mendès France jusqu’à mardi 3 avril.

Ambiance enflammée dans l’amphi N de Tolbiac ce matin, lors de l’Assemblée Générale qui a réuni près de 950 personnes : alors que de nombreux étudiants des associations corporatistes (la Fédé Paris 1) étaient venus pour tenter de débloquer la fac pour remette l’université en marche, les étudiants, profs et personnels ont voté la reconduction du mouvement à 550 voix contre 200. Alors que chaque jour, sur les réseaux sociaux, des militants d’extrême droite tentent de décrédibiliser le mouvement et cherchent à tout faire pour que le plan étudiant passe sans encombre, une poignée de militants de la Cocarde, organisation liée au FN, étaient présents au début de l’AG et ont tenté d’intimider les étudiants présents dans la salle.

Une date centrale ressort : celle du 03 avril, date à laquelle les cheminots sont appelés à commencer un mouvement de grève qui s’annonce très suivi, et qui sera reconduit dans certaines gares après les deux premières journées, comme à la Gare du Nord. Face à la menace de répression, qu’elle soit policière ou administrative (la fac avait été fermée lors de deux journées de mobilisation, le 15 et le 22 mars), la reconduction de l’occupation a été actée. Par ailleurs, le 03 avril doit aussi être pour les étudiants l’occasion de converger avec les cheminots en grève. « Votre combat est exemplaire, ne lâchez rien », a dit en conclusion Cyril, cheminot à la gare d’Austerlitz, à 15mn à pied de là. Des convergences qui devraient déjà prendre formes dans des tables rondes demain où cheminots et étudiants parleront des suites à donner au mouvement.

Si la fac est occupée et bloquée, elle n’est cependant pas une fac morte : depuis 4 jours, les militants s’affairent pour proposer d’autres cours, d’autres ateliers, des performances artistiques ou des projections pour faire vivre l’occupation et montrer que l’université n’est pas seulement un processus où la connaissance ne vient que de la tribune de l’amphi. De 12h à 00h, auront lieu dans l’amphi L les « douze heures de la connaissance », organisée par des doctorants de la fac, constituée d’atelier de philosophie, de sciences politiques etc.

Finalement, un grand rassemblement est appelé à 18h devant la fac pour dénoncer les menaces de l’extrême droite et de la direction de l’université, qui avait menacé hier d’appeler la police. Si George Haddad, le président de l’université, s’est engagé à ne pas faire intervenir la police, Florian Michel a expliqué hier soir aux militants « qu’il leur conseillait de partir, la police pouvant arriver dans 20mn, 2h ou 4 ». Si le nombre des occupants a permis de tenir l’université, il n’en reste pas moins que ce genre de menaces doivent être prises au sérieux, dans le contexte où la police est déjà intervenue dans plusieurs universités comme Dijon, Strasbourg, Lille ou encore Bordeaux.




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