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Notre classe

Casse de l'hôpital

Après la victoire du Rouvray, des grévistes occupent le toit de l’hôpital psychiatrique du Havre.

Depuis trois semaines, les soignants de l'hôpital psychiatrique public Pierre Janet du Havre sont en grève et occupent le toit de ce seul Centre Médico-psychiatrique publique de la région. Ils dénoncent les manques de moyens qui vont de la pénurie de lits pour les patients, au manque chronique de personnel. Ils réclament trente postes en plus ainsi que l'embauche des stagiaires et la création d'un autre centre de soin dans la région.

Dans cette société où tout a un prix, les patients souffrant de maladies psychiatrique ne sont pas une priorité surtout lorsqu’ils n’ont pas de mutuelle pour prendre en charge des hospitalisation parfois longue et demandant un suivi régulier. Ainsi une aide-soignante témoigne : « lorsque certains patients s’énervent, nous ne pouvons pas prendre le temps pour désamorcer la situation par la discussion car d’autres attendent derrière. Du coup on n’a pas le choix, on leurs fait systématiquement une injection de calmant. On est forcé à faire de la maltraitance ».

Les conséquences du manque de moyen sont lourdes pour les patients comme pour les soignants qui culpabilisent d’être obligés de privilégier des solutions qui n’en sont pas, au détriment de la santé des usagers. Cela mène à une situation ubuesque où certains travailleurs de cet hôpital psychiatrique prennent des anti-dépresseurs pour tenir. « La grève on la fait pour nos patients avant de la faire pour nous-mêmes. La preuve c’est qu’on ne demande pas d’augmentation de salaire, que des humains pour soigner des humains ! » C’est pour cela que les grévistes ont refusé la proposition de la direction de l’hôpital – contrairement à l’annonce de fin de conflit faite par le Journal France Normandie – de déplacer vingt-deux lits à l’hôpital Jacques Monod car « cela déstabiliserait les patients qui se sont habitués à leur pavillon ».

Jusqu’à ce jour ni la directrice de l’Agence Régionale de Santé qui regroupe les hôpitaux normands, ni Édouard Philippe Premier Ministre du gouvernement Macron et ancien maire du Havre n’ont daigné se proposer de solution, preuve du dédain de ces politiciens pour qui nos vies valent moins que leurs profits. Mais les grévistes savent qu’ils peuvent compter sur le soutien des usagers et de leurs proches car « ça peut arriver à tout le monde de faire un séjour en hôpital psychiatrique ». Ils viennent régulièrement témoigner de leur solidarité en apportant nourriture, ainsi que soutien financier et moral. Grévistes et usagers entendent donc s’organiser pour maintenir la mobilisation en prenant comme exemple la lutte des soignants de l’hôpital de Saint-Étienne-du-Rouvray qui ont réussi à imposer l’embauche de vingt-six personnes début juin.




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