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Jeunesse

Répression à Toulouse

Après les matraques et les chiens, rentrée sous surveillance au Mirail

Des équipes de vigilance des sociétés de sécurité privées surveillant les entrées des bâtiments et des vigiles contrôlant le déroulement du comité de mobilisation. Ce jeudi 24 mai, après l'expulsion de la fac par les CRS et la BAC, l’université du Mirail rouvrait par la force pour les étudiants.

Crédits : Révolution Permanente Toulouse

Ce jeudi 24 mai, après la répression et les violences de lundi dernier , la fac rouvrait pour les étudiants sous contrôle des vigiles privés. À 8h du matin, des étudiants et des personnels du Mirail se rassemblaient face à la Fac et distribuaient des tracts pour informer des premiers résultats de ParcourSup et pour condamner la reprise par la force du travail et des études. En effet, il n’y a que deux semaines que les CRS et la BAC intervenaient sur le campus pour déloger les étudiants et casser la grève.

Or, ce matin sur la Fac, rien que les signes de ce qui, a l’égard de l’administrateur provisoire, est « un retour à la normale » : des voitures de police aux alentours du campus, des équipes de sécurité privées à l’entrée de chaque bâtiment et des personnels et des étudiants grévistes contrôlés. Aussi, deux énormes conteneurs avec des chaises et des tables en bon état qui auparavant servaient à bloquer l’entrée des bâtiments et qui aujourd’hui servent à gonfler les 400.000 euros de dégâts.

À 11h, quelques étudiants du Mirail rejoignaient des lycéens des Arènes et de Jolimont à Arnaud Bernard pour partir toute de suite en manif sauvage. Suite aux résultats de ParcourSup, où presque la moitié des candidats sont restés « en attente » ou ont été refusés sur l’ensemble de leurs vœux émis sur la plateforme, ces deux lycées toulousains ont été bloqués et il est prévue qu’ils reconduisent le blocage à demain.

Plus tard, à 14h, il y a eu un rassemblement d’une petite centaine d’étudiants et de personnels au Mirail. Ce rassemblement, d’abord une discussion autour des nouvelles coordonnées de la situation actuelle, est rapidement parti en comité de mobilisation. Celui-ci même si sous surveillance des nombreux vigiles de sécurité privée a été un des plus nombreux des dernières semaines.

Pendant la journée, se sont également tenus des conseils dans certains départements et UFR. En philosophie, un « principe de bienveillance » envers les étudiants a été adopté, afin de ne pas les pénaliser. En effet, l’Assemblée Générale de ce département avait validé le principe d’une note minimum de 10 pour tous, améliorable. Dans les autres départements, le principe d’une AG validant les modalités d’examens est encore à gagner !

Malgré la répression policière et le flicage des grévistes, il est indéniable qu’il reste toujours une frange d’étudiants et de personnels qui ne sont pas prêts à se laisser faire. Et même si le mouvement étudiant se trouve actuellement face à un moment de reflux, cela ne veut absolument pas dire qu’il se trouve face à un échec. Les larges couches de militants qui émergent, les reflex d’auto-organisation acquis et toujours plus solides, les liens forgés entre les personnels et les étudiants et la réémergence d’un mouvement étudiant national , nous permettent prévoir un quinquennat où la mobilisation étudiant aura encore beaucoup à dire.

Les personnels et les étudiants du Mirail vont se réunir en Assemblée Générale commune le prochaine mardi 29 mai à 12h30 face à au bâtiment Accueil. Soyons nombreuses et nombreux pour discuter et débattre de Parcoursup et de la loi ORE, de nos revendications, du mouvement social actuel et de ses perspectives !




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