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Jeunesse

#Arago 15 juin : après la répression, les procès

Vendredi 15 juin se tiendra au tribunal de Grande Instance de Paris les procès d’un certain nombre d’occupants du lycée Arago : parmi eux des mineurs.

Pour rappel, les faits s’étaient déroulés le 22 mai, suite à une journée de mobilisation appelée par la fonction publique où cheminots, lycéens et étudiants vinrent grossir les rangs en cette journée symbolique de publication des résultats de Parcoursup. Il est aux alentours de 18h lorsque, 4 place de la Nation dans le XIIème arrondissement de Paris, des lycéens d’Arago et d’autres manifestants s’engouffrent dans l’établissement en vue d’une occupation pour tenir tête au gouvernement et dénoncer sa réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.

Seulement quelques minutes plus tard, les CRS ont débarqué. Lesquels ont, selon plusieurs témoignages, défoncé des portes à la scie sauteuse et brisé plusieurs vitres pour intervenir à l’intérieur du lycée. Après avoir, dans un premier temps rassuré les occupants, leur signifiant une simple vérification d’identité, les forces de l’ordre les ont entassés dans des cars. À l’intérieur desquels beaucoup sont restés enfermés durant plusieurs heures. Sans informations.

Enfin, après être passé par une « gare de tri », les occupants, dont nombre de mineurs, ont été répartis dans différents commissariats de Paris et d’Île de France où ils ont été placés en garde à vue. Arrivés sur place, le calvaire continue. Beaucoup ont été mis à nu pour une fouille intégrale. Les conditions de détention de ces mineurs susciteront d’ailleurs la polémique. Certains lycéens ressortiront plus de 48h plus tard.

La répression qui a sévi à Arago témoigne de la crise d’autorité que traverse le gouvernement ; quand il ne lui reste plus que la force et la répression pour maintenir coûte que coûte sa politique inégalitaire. Mais si l’objectif est de faire peur à cette partie de la jeunesse mobilisée, qui ne se résout pas à ce que l’université ne soit qu’un lieu où s’ajuste la formation de cadres à la demande d’un système capitaliste, le pari est risqué. Comme on l’a déjà constaté au cours du printemps 2016 et de la mobilisation contre la Loi Travail, la répression peut en effet jouer un rôle de radicalisation, notamment chez les jeunes, brisant toute illusion sur ce qu’est vraiment la police.

Parmi les chefs d’accusions portés à l’encontre des personnes arrêtées ce 22 mai : celui d’une « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et d’une « intrusion dans un établissement scolaire ». Autant dire que les dossiers sont vides, et que ces procès représentent surtout un pas de plus vers la criminalisation des actions militantes. Un rassemblement de soutien est prévu vendredi à 12h devant le tribunal de Grande Instance de Paris au 2945 Avenue de la Porte de Clichy dans le XVIIe arrondissement.




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