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Société

L’état d’urgence, jusqu’à la maternelle ?

Arrestation violente d’un collégien de 13 ans dans le 18ème arrondissement de Paris

Après la répression et l’arrestation d’élèves refusant la minute Charlie, la stigmatisation des raps collégiens, la violence continue à s’abattre sur les jeunes et des élèves, y compris mineurs. Dans le contexte de l’état d’urgence où la violence des forces de l’ordre se retrouve démultipliée par les pouvoirs exceptionnels qui sont dévolues à la police, nous publions le communiqué des personnels scandalisés du collège Coysevox, dans le 18ème arrondissement de Paris, où un élève de 13ans s’est fait arrêté par des policiers après avoir été percuté violemment par leur véhicule.

Communiqué des personnels du collège Coysevox dans le 18ème suite à l’arrestation d’un élève de 13 ans devant le collège

Nous, personnels exerçant au collège Coysevox (Paris 18ème arrondissement), avons appris ce jeudi 18 février, l’interpellation violente par la police de deux de nos élèves devant le collège ce matin.

Nous tenons à exprimer notre stupeur et notre colère face à la brutalité de l’action. L’un des deux élèves, scolarisé en classe de 5ème et âgé de 13 ans, a été percuté volontairement par une voiture de police banalisée, puis frappé et humilié devant les passants incrédules.

Cette arrestation brutale s’est par ailleurs déroulée devant d’autres élèves de cinquième, donc tout juste âgés de 12-13 ans, qui attendaient l’ouverture des portes du collège pour se rendre en cours. Ces élèves ont été profondément choqués par les méthodes violentes exercées contre de jeunes enfants, leurs camarades de classe.
En tant que citoyens, mais aussi fonctionnaires de l’éduction nationale, nous ne pouvons supporter ni accepter que de tels actes violents se déroulent en général, mais encore moins devant un établissement et un public scolaires. Le contexte de renforcement des pouvoirs de police rend la situation d’autant plus inquiétante. Rien ne peut justifier tant de violence dans l’interpellation d’un enfant de 13 ans désarmé. Il nous est difficile d’enseigner les règles de droit dans nos classes quand elles sont bafouées de façon si évidente aux portes de notre collège.

Nous souhaitons aussi exprimer à la famille notre soutien et notre accompagnement dans toute démarche qu’elle souhaiterait entreprendre.

Des personnels du collège Antoine Coysevox soutenus par le syndicat Sud éducation

Paris, le 18 février 2016




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Répression   /    Société