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Monde

Des salaires de 83 euros par mois

Bangladesh. Des milliers d’ouvriers en grève pour la hausse des salaires réprimés par la police

Ce sont une cinquantaine d’usines du textile qui sont touchées par une grève massive à travers le pays. A des milliers de kilomètres de distance l’ampleur de la mobilisation et les violences policières subies par les manifestants ne manquent pas d’évoquer la situation sociale en France et le mouvement des Gilets jaunes.

Avec des salaires minimums dérisoires, inhumains, fixé à 83 euros par mois, et confrontés à un cout du logement en pleine hausse, les ouvriers du textile du Bangladesh n’ont eu d’autre recours, malgré les lois extrêmement répressives, que de recourir à la grève, ouvrant un niveau d’affrontement très violent avec les forces de l’ordre : « Les ouvriers ont dressé des barricades sur l’autoroute, rapporte un responsable à l’agence de presse AFP, nous avons dû les faire partir pour faciliter la circulation. Jusqu’à présent 52 usines, pour certaines importantes, ont cessé leur activité à cause des manifestations. »

Mercredi dernier ce sont 50 000 ouvriers et ouvrières qui ont manifesté dans la seule ville de Savar – ville industrielle située dans la banlieue de la capitale, Dacca.
Les milliers de salariés de l’industrie du textile en grève depuis une semaine ont bloqué les autoroutes dimanche. Ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre, qui ont usé de gaz lacrymogènes, flashball et de canons à eaux, et n’ont pas hésité à employer la matraque pour faire retourner, par la force, au travail. Ces violences policières ont entraîné la mort d’un manifestant, ainsi que des dizaines de blessés chez les grévistes.

Dimanche le gouvernement a été obligé de reculer face à l’ampleur de la mobilisation ouvrière et a concédé une hausse de salaire allant de 20 centimes à 8 euros mensuels. Cette première concession n’a pas pour autant fait retourner au travail les ouvriers, qui jugent l’augmentation de salaire minime. Des milliers d’ouvriers continuent actuellement la grève pour une hausse de salaire plus importante, le paiement des jours de grève et en protestation contre les violences policières.

Le Bangladesh, qui a déjà connu un accident tragique avec l’effondrement du complexe textile du Rana Plaza,qui avait tué plus de 1 130 personnes en avril 2013, exportent pour plus de 30 milliards de dollars de textile, écoulant des stocks pour des entreprises comme H&M, ou Primark, qui revendent ensuite, avec des bénéfices colossaux.

Une situation qui, à des milliers de kilomètres de distance, ne peut manquer d’évoquer des parallèle avec la situation de la France. En pleine période de solde, alors que de nombreuses personnes, Gilets Jaunes ou non, sont incapables de boucler leur fin de mois, les grandes entreprises écoulent leurs stocks,, se plaignent, même, de l’atonie des ventes dans le secteur de l’habillement, alors mêmes que toute cette camelote est produite sur le dos d’ouvriers rémunérés 83 euros par mois, vendue à des gens qui n’ont pas les moyens de se les acheter.

Crédit photo : AFP




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