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La lutte paye !

Bordeaux. Hôpital Pellegrin : La lutte des ARM porte enfin ses fruits

La lutte des assistantes de régulation médicale du centre hospitalier Bordeaux Pellegrin, est rentrée dans la dernière ligne droite, après un rendez-vous manqué avec Monsieur le préfet de la Gironde, qui a repoussé à la dernière minute. Les employées sont restées mobilisés, et une réunion s'est tenue jeudi dernier, dans laquelle la direction a reculé et a proposé une nette amélioration des conditions de travail.

La lutte a commencé le 10 janvier 2017, date à laquelle les assistantes de régulation médicale du CHU Bordeaux Pellegrin se sont mises en grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail en même temps que du service à la personne. Suite aux nombreux départs des agents de nuit qui n’ont pas été remplacées depuis 2008 par décision de la direction, qui ne pense qu’aux profits quitte à mettre la santé de la population et des travailleuses en danger, ces derniers souffrent d’un stress grandissant à cause du manque de personnel. Car la direction impose en revanche des rythmes de travail insoutenables, avec des rappels incessants sur leur temps de repos, des nuits imposées, l’augmentation de la charge de travail et les quotas des heures supplémentaires qui explosent.

Leurs revendications sont totalement légitimes dans la mesure où pendant que les postes de nuit se désagrègent peu à peu, la charge de travail, elle, ne cesse d’augmenter, atteignant le chiffre de 55 % d’augmentation. Malgré le fait que le directeur de l’hôpital Pellegrin soutienne que l’activité a augmenté de seulement 15 %, l’intersyndicale (CGT-SUD) mise en place pour cette lutte, a recueilli les propos du chef de service qui confirme l’augmentation de la charge de travail de 55 %. La création de 8 postes réclamée par les ARM, servira aussi à la formation des employées et leur mise à niveau, car du fait du manque d’effectifs, les formations ont été suspendues alors même que les formations initiales et continues sont obligatoires pour pouvoir exercer ce métier.

Suite au rassemblement, jeudi 25 janvier, devant la préfecture de la Gironde, où le préfet devait recevoir les travailleuses en lutte mais a laissé sa secrétaire s’en charger, les grévistes ARM du SAMU 33 centre 15, plus déterminées que jamais, ont continué à occuper le rond-point de l’entrée de l’hôpital Pellegrin, et à tenir leurs AG journalières de 7h du matin jusqu’à 11h. La direction a donc proposé un autre rendez-vous de négociations le jeudi 2 février, qui a démontré que si les travailleurs et travailleuses se mobilisent sous leurs bannières syndicales pour lutter contre les attaques de la direction en utilisant le seul moyen que le monde du travail a pour se défendre et en même temps passer à l’offensive - la grève –, ils peuvent, avec courage et audace, faire plier les directions de n’importe quel site de production ou services.

En effet, suite au rendez-vous, la direction a accepté la plupart des demandes des grévistes et de l’intersyndicale CGT-SUD. La seule demande que la direction n’est toujours pas prête à céder étant celle des 8 emplois en temps plein. Elle concède seulement 6 postes, dont 1 poste en temps plein non pérenne pendant un an. Les propositions de la direction sont les suivantes :

Effectif des ARM revalorisé à 54 ETP pérennes, embauche de 6 ETP pérennes.
Confirmation du renfort d’un ETP ARM supplémentaire 12 mois au titre de la « dette sociale ».
Equipes dédiées de nuit et de jour à constituer.
Planning en 12h de jour, 7h30 pour les agents en restrictions médicales et 10h30 de nuit sur la base de la trame de roulement présentée par les agents.
Publication des avis de vacances de poste correspondant à la structuration jour/nuit (postes de nuit) .
Volontariat pour les nuits, privilégié le temps de la montée en charge de l’équipe de nuit.
Évaluation de la nouvelle organisation à 6 mois.
Etat des lieux à faire par l’encadrement sur la formation des ARM et en fonction, plan de formation spécifique à mettre en place.

Suite à cette proposition, l’occupation du rond point à été suspendue, et ce matin à 10h, une AG s’est tenue où l’arrêt de la grève à été décidé. Après les victoires des ambulanciers et des paramédicaux, c’est au tour des employées du SAMU 33 centre 15 du CHU Bordeaux Pellegrin de trouver une issue favorable pour l’ensemble du personnel concerné.

Un combat exemplaire par sa durée, la détermination et le courage des grévistes, qui malgré les températures hivernales en dessous de zéro, ont toujours maintenu ces demandes en démontrant qu’ils ne lâcheraient rien, jusqu’à avoir concrétisé leurs demandes, ou au moins une grande partie de celles-ci. La question qui reste en suspens, c’est de savoir si cette lutte exemplaire pourra s’étendre à d’autres services
travaillant au CHU Bordeaux Pellegrin, également soumis à des conditions de travail indécentes, dans le cadre d’une grève d’ensemble offensive pour une amélioration non-seulement salariale, mais d’équipement et aussi de personnel.

Voici un aperçu de la détermination des grévistes du CHU Bordeaux Pellegrin :




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