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Monde

Élections Brésiliennes 2018

Brésil. Ronaldinho apporte son soutien au candidat d’extrême droite

A quelques heures du résultat du premier tour des élections présidentielles brésiliennes, le joueur de foot à la retraite Ronaldinho apporte son soutien sur Twitter au candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro.

A la surprise de beaucoup de ses fans, le footballeur à la retraite Ronaldo de Assis Moreira, aussi appelé Ronaldinho a posté sur Twitter un message disant « pour un Brésil meilleur, je souhaite la paix, la sécurité et quelqu’un qui nous rende le bonheur. J’ai choisi de vivre au Brésil, je veux un Brésil meilleur pour tous », puis une photo de lui de dos arborant un maillot numéroté « 17 », le numéro désignant Jair Bolsonaro dans les urnes électroniques, signifiant donc un soutien franc en sa faveur.

Si on pouvait encore se permettre de douter de son affiliation à l’extrême droite brésilienne il y a quelques mois, au moment de sa possible participation à une liste du parti d’extrême droite Patriotas pour le poste de sénateur de l’Etat de Mina Gerais, ce tweet a le mérite de confirmer les positions réactionnaires de l’ancien du Barça.

Mais la prise de position de Ronaldinho contraste avec celles d’autres ex-stars du football brésilien. C’est le cas de l’ancien joueur de l’Olympique de Lyon, Juninho Pernambucano, qui dans une interview au journal espagnol El Pais déclarait : « on me dit que je défends les délinquants. Mais il faut arrêter avec cette histoire de trouver que tous les crimes sont égaux. Une chose c’est un assassin, une autre chose c’est le type qui vole. Je ne peux pas mettre en prison un jeune de 18 ans parce qu’il a volé (…) Quand il en sort, il a envie de se venger de la société. C’est pour cela que je m’énerve quand je vois des joueurs ou ex-joueurs de football de droite. Nous venons d’en bas, nous avons été élevés avec le peuple. Comment pouvons-nous passer de l’autre côté ? Tu vas soutenir Bolsonaro mon frère ? ».

Dans la même interview, en constatant ses positions, on lui demande s’il ne se considère pas un privilégié, à quoi il répond : « Je suis déjà dans une bonne position. J’aurais pu me taire, heureux avec ma vie et profitant de avantages, étant donné que le système m’aide. Mais quel bonheur c’est celui-là ? (…) Il y a des jeunes de 20-30 ans qui vivent encore chez leur parents et passent toute la journée à regarder la télé, une génération désillusionnée. Ce n’est pas ce pays-là que je veux pour mes filles ».

Les mots de Juninho démontrent que malgré leur train de vie très confortable, les ex stars de football qui jouissent d’une grande sympathie et influence parmi les masses, ne sont pas condamnées à devenir fonctionnels aux idées réactionnaires et à prêcher le conformisme dans un système basé sur l’exploitation et l’oppression de millions dans le monde. Les positions politiques de Ronaldinho au contraire sont l’exemple du pire des évolutions politiques de ces joueurs qui un jour ont aussi subi l’oppression et l’exploitation capitaliste.




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