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Politique

Mobilisation réussie ce 12 septembre

Ce n’est qu’un premier avertissement

La gueule de bois. Pour Macron et consorts, le réveil est en passe d’être douloureux. Loin du baroud d’honneur tant prophétisé, la mobilisation nationale ce 12 septembre, plus qu’espérée, signe comme un premier avertissement du monde du travail et de la jeunesse à Macron et son monde.

Comme tout lendemain difficile, il est toujours des plus instructifs de se remémorer les événements de la veille. Par la grâce d’internet, et au malheur des éditorialistes, la mémoire des éditoriaux reste indemne. Et à ce jeu-là, certains, pour ne pas perdre la face, maintiennent leur ligne, d’autres, se sentent obligés de rectifier le tir. Le Figaro, de son côté, a annoncé clairement la couleur la veille au travers d’un édito intitulé « Les balivernes de la CGT ». En forme de provocation, l’éditorialiste ironise sur les « fainéants » qui pourraient ne pas être « aussi nombreux qu’ils le prétendent ». Les « bruyants » profiteront de l’occasion pour « pouvoir se compter », continue-t-il.

Une mobilisation plus massive qu’attendue !

Résultat : une mauvaise nouvelle pour Macron, une bonne pour les « fainéants ». Ainsi, Philippe Martinez a atteint son objectif. « C’est une première qui s’annonce réussie », se félicitait le secrétaire général de la CGT en début d’après-midi. La mobilisation est plus massive que ce que tout le monde espérait. Ainsi, pour la première du quinquennat Macron, les manifestations ont rassemblé nationalement plus de 400000 personnes selon la CGT. Des chiffres que les médias affirment équivalent à ceux du 9 mars 2016, lors de la toute première journée de mobilisation contre la loi El Khomri : soit entre 450000 et 500000 manifestants.

De nouvelles têtes, la jeunesse prête à bondir

Dans les cortèges, en plus de nombre de militants, de nombreuses personnes ont essaimé leur premier pas dans les mobilisations. Cela a été notamment le cas dans les villes de province avec une participation particulièrement forte commeen Bretagne ou en Normandie. À Paris, comme l’a souligné notamment Cécile Cornudet des Echos, le cortège unitaire de la jeunesse a été particulièrement remarqué, cela alors même que les cours n’ont pas encore débuté. Des cortèges qui parlent d’eux-mêmes et pourtant Le Figaro reste ferme : « La CGT piétine, le gouvernement avance ». Plus encore, la mobilisation serait même « un échec, ni plus ni moins ».

La fébrilité dans le camp d’en face

Un refrain repris de façon quasi unanime par les grands médias. À ce jeu, le journal Le Point y est même allé très fort en affirmant que la« manifestation ressemble davantage à un rassemblement anti-Macron ». Obligé de se rétracter, le journal évoque finalement une « mobilisation en demi-teinte ». La propagande pro-Macron en devient quasi ridicule quand elle se veut de préciser à outrance que « la méthode de comptage de la police a été validée par des experts ». Mais plus encore, ce quasi-unanimisme des médias à faiblir au maximum les chiffres de la mobilisation exprime en réalité la fébrilité du gouvernement et de ceux d’en face qui tentent de garder la face et de rester « ferme ».

Les Echos  : « La présence de nombreux jeunes »  : un « avertissement »

Bien que la participation soit en deçà des plus grandes mobilisations contre la loi El Khomri, plusieurs éléments sont à remarquer. Le premier, c’est qu’en dépit d’un contexte politique plus défavorable que l’an dernier, on se rappelle du rôle clé des réseaux sociaux, de la faiblesse de Hollande ou encore du front intersyndical de l’époque avec Jean-Claude Mailly, la mobilisation est équivalente à la première manifestation du 9 mars 2016. Le second, c’est le rôle clé que pourrait avoir à jouer la jeunesse comme le remarque Les Echos : « La mobilisation de ce mardi livre cependant une forme d’avertissement : on pouvait en effet y noter la présence de nombreux jeunes – des étudiants mais aussi des travailleurs ».

Préparer les suites, notamment la mobilisation du 21 septembre

« Nous tiendrons », a confirmé ce mardi le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, sur Radio classique. Une volonté de fermeté qui est proportionnelle à l’importance pour le gouvernement à faire passer sans heurts ni tracas cette loi Travail XXL. Cela alors que tout le monde sait que les autres contre-réformes seront d’autant plus compliquées s’il s’installe une défiance contre Macron. La clé est de se préparer au combat pour que la défiance gagne.

Pour cela, il s’agit d’un côté d’imposer par la pression à la base la riposte unitaire la plus large possible, avec notamment un œil attentif sur ceux qui seraient tentés de construire leur propre date de mobilisation séparée. Et de l’autre, alors que les autres syndicats, la CFDT de plus en plus incommodée, FO qui voit la pression à la base s’accentuer (la majorité des UD FO, plus de cinquante ont manifesté contre leur direction), Philippe Martinez devrait appeler à se battre ensemble, tous les travailleurs, y compris les militants de la CFTC/CGC et de l’UNSA dont un certain nombre étaient présents ce 12 septembre. Il s’agit, en attendant la prochaine date du 21 septembre, de se réunir en assemblées générales, d’expliquer la loi Travail XXL et l’ensemble des contre-réformes de Macron, de commencer à penser un programme qui unifie tous les mécontents contre le macronisme et son monde. Le monde du travail peut vaincre s’il se dote d’une stratégie et d’un programme à hauteur de la lutte.




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