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Toujours moins de moyens pour l’hôpital public

"Comme un animal" : Des parents contraints de dormir par terre à l’hôpital de Saint-Denis.

Une mère obligée de dormir par terre pour rester avec son enfant de deux ans hospitalisé témoigne une nouvelle fois du manque de moyen dans l’hôpital public.

© Radio France - Rémi Brancato

Alors que le gouvernement annonce trois milliards d’euros de coupe dans le budget de la sécurité sociale, chaque jour apporte son lot de tristes nouvelles de l’hôpital public : suicides de soignants, d’internes, démissions, témoignages sur les conditions de travail désastreuses d’accueil des patients… Aujourd’hui dans le Parisien, une femme, Laurence Thimothé témoignait avoir dû dormir par terre pour rester avec son fils de 2 ans hospitalisé en pédiatrie à l’hôpital Delafontaine.

Elle raconte que les infirmières l’auraient engagée à passer la nuit auprès de son fils : « Votre fils sera plus rassuré, il est grand, il peut passer par-dessus la barrière du lit, et on ne peut pas le surveiller tout le temps ». Cependant, alors que de l’avis des soignants eux mêmes, ils n’ont pas les effectifs pour s’occuper de tous les enfants et qu’ils paraît normal que les parents d’enfants en bas âge puissent accompagner leurs enfants, aucune infrastructure, même très minimale, ne le permet. Dans la chambre (un box de 2 mètres sur 4) « il n’y avait qu’une chaise en plastique, et dessus, un simple drap et une couverture » témoigne Laurence Thimothé. À l’instar de la quinzaine d’autres mères dans les « chambres » d’à côté, elle devra dormir à même le sol, simplement étendue sur un drap.

Le personnel soignant dénonce ce problème depuis longtemps selon la mère, en vain « C’est incompréhensible que l’hôpital ne mette pas à disposition au moins un tapis de sol ou un matelas ! C’est pas ça qui coûte cher », souligne-t-elle. Le syndicat Sud Santé, interrogé par Le Parisien sur cette affaire déclare lui aussi : « Ça fait des années que ça dure. On a fait remonter le problème à de nombreuses reprises », pour conclure ainsi : « L’exemple de cette dame démontre que l’hôpital n’a plus les moyens d’offrir des services de qualité. »

Alors qu’aujourd’hui ce nouvel exemple parmi tant d’autres montre bien combien les hôpitaux souffrent cruellement du manque de moyens, que soignants, patients et proches en subissent quotidiennement les conséquences, Agnès Buzyn ose dire que 30 % des dépenses de la sécurité sociale sont superflues, et utilise cet argument pour justifier de nouvelles baisses de budgets.




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