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Débats

Soutenir les luttes ouvrières.

Congrès du NPA. La grève victorieuse d’Onet et un parti pour la lutte de classes

Nous publions ici les positions de Révolution Permanente défendues lors du Congrès du NPA. Cette contribution tire le bilan d’une grève dans le secteur du nettoyage, le sous-traitant ONET, soutenue par des militants de Révolution Permanente.

La victoire imposante des grévistes du nettoyage des gares franciliennes contre le géant Onet et la SNCF constitue un encouragement et un exemple pour tous les travailleurs. Elle témoigne d’une détermination nouvelle qui murit dans les couches les plus précaires de notre classe et qui doit nous intéresser. Mais elle est aussi le résultat d’une intervention décisive de camarades du NPA, qui dessine en petit les contours du parti que nous voulons, un parti révolutionnaire qui prend chaque lutte comme une « école » de combat et se veut comme un outil pour amener les travailleurs à la victoire.

L’implantation, mais pour quoi faire ?

On parle souvent dans le parti de la nécessité de s’implanter dans les entreprises et d’avoir une intervention syndicale. Cela est évidemment indispensable, mais insuffisant. Il faut pouvoir mettre nos implantations au service du développement et de la victoire de luttes comme celle d’Onet, même quand cela ne se passe pas dans le secteur précis de nos militants. C’est ce que nous avons fait en prenant en charge le conflit des travailleurs du nettoyage en tant que cheminots.

Auto-organisation et Front Unique

Il n’empêche que la grève a été du début à la fin le fait des grévistes qui se sont réunis chaque jour en AG, pour décider ensemble des actions. L’intersyndicale Sud Rail - CFDT - FO que nous avons su garder jusqu’à la fin du conflit était ainsi soumise aux décisions de l’AG. Une grève militante, avec des tournées organisées dans les trois gares stratégiques, Saint Denis, Garges et Ermont. Les grévistes se relayaient par équipes, jour et nuit, pour tenir les piquets et s’assurer que la direction d’ONET, en complicité avec la direction de la SNCF, n’envoie pas des intérimaires, souvent accompagnés de la police nationale, pour tenter de nettoyer les gares par la force.

Caisse de grève : un apport fondamental pour tenir dans la durée

La mise en place d’une caisse de grève a été elle-aussi un apport décisif que nous avons pu faire à cette grève. La cagnotte en ligne a cumulé plus de 60 000 euros et presque 3000 donnateurs, ce à quoi s’ajoutent les nombreux dons par chèque ou en espèce venant d’organisations politiques et syndicales ou de soutiens individuels. En tout, plus de 80.000 euros de récoltés.

Comité de soutien et médiatisation

Nous avons également été à l’initiative d’un comité de soutien qui a été très actif et divers dans sa composition, en organisant des rassemblements et une belle manifestation sur Saint-Denis, des repas solidaires, des tractages aux usagers, etc. Nous avons réussi à rendre cette lutte de plus en plus visible et médiatisée, jusqu’à obtenir la publication d’une tribune dans Libération signée par de nombreuses personnalités (intellectuels, députés LFI, artistes). Cette dimension a été fondamentale pour contraindre Onet et la SNCF à accorder la quasi-totalité des revendications des grévistes, préoccupées par la dégradation de leur image face à un conflit de plus en plus populaire.

Un carrefour de toutes les luttes

Le succès de cette lutte a été aussi celui de liens tissés entre différents combats. Des féministes du mouvement #MeToo, en passant par les grévistes de l’Holiday Inn, en grève depuis 2 mois, aux membres du comité Vérité pour Adama, tous les combats contre l’exploitation et l’oppression se retrouvaient et étaient les bienvenus sur le piquet d’Onet. Dans un des moments les plus émouvants de la grève, Assa Traoré est venue sur le piquet et a révélé être elle-même la fille d’une des travailleuses qui avaient démarré la grève. Les travailleurs ont, à leur tour, exprimé le soutien à la famille Traoré, lorsque les frères Youssouf et Bagui ont été à nouveau interpellés et condamnés par la Justice dans un acharnement sans précédent. Si on tient compte du caractère stratégique de l’unité entre le mouvement ouvrier et la jeunesse des quartiers, on voit à quel point cette victoire est porteuse de perspectives.

Le prochain Congrès devrait servir d’abord et avant tout à ce que le parti devienne un outil pour multiplier ce genre d’expérience.

Anasse et Laura, cheminots 93, Plateforme Z

Crédits photo : Stéphane Lagoutte




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