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Débats

Contribution de Révolution Permanente

Congrès du NPA : ONET, GM&S, Campanile : une jeunesse révolutionnaire au service des luttes ouvrières

Nous publions ci-dessous la synthèse du texte de la plateforme soutenue par les militants du Courant Communiste Révolutionnaire, qui est à l'initiative de Révolution Permanente, aux côtés d'autres militants, pour le Congrès du NPA qui aura lieu le premier Weekend de février.

Les étudiants : un rôle de soutien actif aux grèves

Dans la continuité de la campagne Poutou, celle d’un ouvrier en lutte dans l’usine Ford de Blanquefort, des militants du NPA jeunes ont organisé des délégations de soutien aux conflits ouvriers des derniers mois. A l’occasion de la lutte des GM et S contre la fermeture de leur usine, une délégation d’étudiants s’est rendue à plusieurs reprises à la Souterraine pour rencontrer les grévistes, assister aux assemblées générales et tisser des liens aujourd’hui encore vifs. Un soutien moral largement revendiqué, à un moment difficile du conflit, de plus en plus isolé. La grève victorieuse des femmes de chambre de l’hôtel Campanile Tour Eiffel de juin 2017, contre la précarité et la soustraitance, a aussi recueilli le soutien de nombreux étudiants de région parisienne, présents régulièrement sur le piquet, aidant à l’organisation des soirées de soutien et à la caisse de grève. L’exemple le plus emblématique est certainement celui de la grève d’ONET. Encore une fois, la construction d’un soutien massif, de différents secteurs, notamment les jeunes, a permis de faire sortir la grève des gares pour lui donner un écho beaucoup plus large.

Les étudiants peuvent donc apporter un soutien moral et financier, ainsi que mettre toutes leurs forces au service de la victoire de ces grèves combattives. Mais leur intervention dans le cadre des conflits ouvriers ne doit pas se limiter à un soutien extérieur. Elle implique une politique en direction du mouvement étudiant.

Construire une fraction pro-ouvrière du mouvement étudiant : un enjeu stratégique.

Lancer des campagnes de soutien dans les universités (caisses de grève, meeting, etc.) est une manière de mener la bataille pour l’alliance entre ouvriers et étudiants. Faire entrer la classe ouvrière dans les universités, c’est aussi lutter contre toutes les tendances au corporativisme du mouvement étudiant organisé, alors que plus d’un étudiant sur deux est salarié et que l’université compte beaucoup de travailleurs précaires.

Contre le morcellement des luttes, nous devons batailler pour faire le lien entre les différentes revendications. Plus qu’une simple convergence, cette perspective porte en elle un contenu stratégique déterminant pour construire un secteur jeune révolutionnaire prêt à intervenir dans les prochaines mobilisations aux côtés des travailleurs.

Préparer la convergence des étudiants et des travailleurs en perspective des prochaines mobilisations

Au printemps 2016, la jeunesse a joué un rôle primordial dans la première phase du mouvement pour imposer des dates de mobilisation, entrainant les secteurs les plus combatifs à faire pression sur les directions syndicales. A l’heure de la guerre sociale de Macron contre les universités et le monde du travail, l’héritage de mai 68, celui de la convergence entre travailleurs et étudiants est plus que jamais d’actualité. Entretenir les liens tissés avec des secteurs ouvriers et construire une conscience de classe chez les étudiants jettent les bases d’une union déterminante pour gagner.

En bref, renouer avec le meilleur de la Ligue

Les organisations révolutionnaires, dont la tâche de se lier à la classe ouvrière est centrale, se construisent souvent plus facilement dans la jeunesse étudiante. Face à ce paradoxe, la Ligue dans les années qui suivent 68 a tenté d’apporter une réponse, en utilisant ses bastions étudiants pour faire des liens (et gagner au Parti !) avec des secteurs ouvriers. D’abord par la « dialectique des secteurs d’intervention », consistant en des appuis aux grèves, à leur caisse de grève, invitation à la fac comme tribune, cortège étudiants en soutien, etc... Puis en la combinant à une politique d’établissement plus classique. Ce qui lui a permis de gagner quelques centaines d’ouvriers, y compris de secteurs plus durs comme l’industrie. A notre échelle, en mettant en œuvre ces tactiques, nous avons pu gagner des cheminots au NPA par exemple (Paris Nord, Toulouse...), et créer des liens avec de nombreux secteurs.

Crédits Photos : Photo Pascal Lachenaud. AFP




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