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Jeunesse

Le Mirail en lutte

Daniel Lacroix, la fusion et les conseils universitaires. De quelle démocratie parle-t-on ?

Trahissant tous ses engagements, imposant une fusion qui rencontre pourtant une opposition massive chez les étudiants et les travailleurs de la fac du Mirail, passant outre les résultats d’une consultation dont le résultat a été très clair, comment Daniel Lacroix ose-t-il encore parler de démocratie ?

Au début du mois de décembre, les étudiants et les personnels de l’université du Mirail, à Toulouse, étaient amenés à se prononcer sur le projet de fusion des universités toulousaines, dans le cadre d’une « consultation ». Et contrairement aux attentes du président du Mirail, Daniel Lacroix, le « NON » l’a emporté très largement, tant chez les personnels (près de 63 % contre la fusion) que chez les étudiants (94 % de « NON » !). Pour autant, les résultats de ce vote ont depuis été largement bafoués par Daniel Lacroix, qui n’en est pas à sa première trahison.

Certains – et le futur ex-président du Mirail en premier lieu – cherchent à faire croire que l’entérinement de ce processus de fusion s’est fait dans le cadre de la démocratie universitaire, s’érigent en grands défenseurs de cette démocratie dont les conseils de l’université seraient la principale expression. Mais de quelle démocratie parle-t-on ?

Lacroix et les conseils universitaires, garants de la démocratie ?

Certains arguments reviennent régulièrement dans la bouche de ceux qui s’opposent à la mobilisation en cours contre la fusion, en premier lieu concernant les résultats mêmes de la consultation.

« Seuls 15 % des étudiants sont allés voter » entend-on régulièrement. Mais faut-il rappeler combien ils étaient à se prononcer pour les élections des conseils centraux ? Plus de 4000 étudiants se sont déplacés pour aller voter « NON » à la fusion. C’est deux fois plus que le nombre de votants qui a élu les membres du Conseil d’Administration où le président de l’université à fait passer son projet en force à plusieurs reprises.

« Seuls les conseils sont décisionnaires et réellement démocratiques » . Vraiment ? Au-delà du faible tôt de participation quand il s’agit de l’élire, le conseil d’administration ne reflète en rien la composition de l’université.
Dans le CA du Mirail, composé de 36 membres, seuls 6 élus sont des étudiants, sensés en représenter plus de 30 000, à l’instar des personnels non enseignants qui n’ont que 6 élus alors qu’ils sont plusieurs milliers à travailler sur le campus. Pire encore : 8 personnalités extérieures non élues siègent dans ce conseil, avec droit de vote.
Rappelons qu’au cours du dernier CA, pour le vote sur la fusion, les résultats étaient de 17 pour, 17 contre et une abstention. Quel aurait été le résultat du vote si les personnels et les étudiants y étaient réellement représentés ?

« Vous n’avez pas tous les éléments pour comprendre » , nous expliquent Daniel Lacroix et ses adeptes à longueur de temps. C’est pourquoi il s’est permis de trancher en faveur de la fusion pour départager les votes du CA, en s’asseyant totalement sur ses promesses de se plier aux résultats de la consultation. Car pour le président de l’université du Mirail, si la grande majorité des personnels et des étudiants est contre la fusion, c’est qu’il s’agit d’imbéciles qui ne comprennent rien. Avec cette rhétorique, il assume le fait de passer outre leur volonté et de leur imposer un projet qu’ils rejettent. Mais nous ne nous laisserons pas insulter.

Opposons-leur notre démocratie

Dans ce contexte, et à tous les égards, la mobilisation contre la fusion est bien plus légitime et démocratique que toutes les manœuvres du président.

Aux conseils d’administration qui fonctionnent en vase clôt et ne représentent en rien la communauté universitaire, nous répondons par des assemblées générales massives. Alors que 6 membres du CA sont censés représenter des milliers d’étudiants, ou des milliers de personnels, nous nous réunissons à plusieurs centaines en AG, tant chez les travailleurs de l’université que chez les étudiants.

Tandis que les pires méthodes sont utilisées pour faire passer en force la fusion : Lacroix qui tranche en faveur du projet alors qu’il y a une égalité au CA ; le conseil d’administration de la COMUE (communauté d’universités et d’établissements de Toulouse) qui organise un vote par voix électronique alors que les étudiants et personnels mobilisés avaient réussi à faire reporter le vote en envahissant la séance…

Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de continuer à revendiquer la démission de Daniel Lacroix, qui n’a aucune légitimité à présider l’université après ses multiples trahisons, et son mépris pour les décisions majoritaires des premiers concernés : les étudiants et les travailleurs de la fac. Mais la démission du président n’est qu’un moyen pour faire annuler le projet de fusion.

Que Lacroix y siège ou non, les conseils resteront des instances anti-démocratiques tant qu’ils resteront ouverts à des personnalités extérieures, et en particulier des représentants du patronat. Exigeons que les étudiants et les travailleurs y soient représentés à la proportionnelle, par des membres révocables à tout moment et élus dans des assemblées générales souveraines. Aucune illusion dans leur pseudo-démocratie, réaffirmons notre légitimité à décider !




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