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Notre classe

Édito

De GM&S à PSA en passant par MATT, des luttes à unir pour frapper fort contre les actionnaires

Dans l'automobile, des conditions de travail toujours plus exécrables, sur fond de licenciements massifs.

Aujourd’hui plus que jamais les attaques pleuvent contre les travailleurs d’un secteur clé comme chez Renault (qui va supprimer 1000 emplois qui s’ajoutent aux 6200 depuis 2013) avec des accords de compétitivité qui imposent des conditions de travail de plus en plus intensives, notamment avec des samedis travaillés obligatoires toujours plus nombreux. Tout cela pour faire des gains de productivité en faisant baisser la masse salariale, avec toujours plus de production pour toujours moins de salariés : cette politique de précarité est un choix de la direction pour exploiter au maximum et ainsi mettre sous pression une population qui n’a aucune autre perspective que des emplois précaires et des salaires au rabais. De plus, les dernières productions lancées ont vu le taux d’intérimaires exploser, face à des CDI qui sont toujours plus rares. Et dans le même temps une répression s’abat contre des militants comme à PSA Poissy, où le secrétaire du syndicat CGT Farid Borsali est convoqué au tribunal de Versailles pour des faits qu’il n’a pas commis. Attaquer un militant qui défend les intérêts des salariés est une attaque contre tous les militants lutte de classe du territoire et c’est bien une solidarité de classe sans faille qui va s’exprimer le 23 juin a Versailles, avec des délégations de tous les sites du groupe PSA et de Renault.

La répression comme moyen de casser toutes résistance dans les bagnes salariaux

Chez PSA une déferlante répressive s’abat sur ceux qui défendent et organisent les travailleurs dans les usines du groupe : au total, ces mesures répressives concernent 18 militants pour 67 jours de mises à pied. C’est le site de PSA Poissy qui paie aujourd’hui le plus lourd tribut, avec des jours de mises à pied et des demandes de licenciement pour cinq militants. Refusées par l’inspection du travail pour une fausse séquestration, aujourd’hui la direction traîne notre camarade Farid Borsali au tribunal sur des accusations complètement fausses. Par ailleurs, suite a l’avalanche de mises à pied, une collecte de solidarité a été organisée dans les ateliers, rapportant 4300 euros, ce qui prouve bien que les salariés ne sont pas dupes et ont très bien compris les raisons de ces mesures. Tous les sites sont touchés : Valenciennes, Mulhouse, où six camarades vont être mis en examen pour un simple tract, ce qui s’ajoute à la menace de licenciement contre un militant de l’emboutissage. Dans ce dernier cas, loin d’être isolé, c’est un montage total des faits sans fondements qu’a créé la direction, dans une pure volonté de nuire au syndicat qui sera le seul a se battre au côté des salariés. Toutes ces attaques sont dirigées contre les militants les plus actifs : loin de se cantonner au syndicat, elles concernent en réalité tous les salariés qu’ils cherchent à défendre au quotidien

GM&S, MATT, Mecaplast, SNWM : des résistances à unir contre Carlos Ghosn, Carlos Tavares et leurs actionnaires

Face à ces conditions de travail toujours plus dures et les fermetures d’usines, les résistances existent, tout en étant isolées. L’exemple le plus emblématique est celui de GM&S, où les salariés mènent une lutte exemplaire contre la fermeture de leur usine et la suppression de 280 emplois. Non seulement le site est viable , mais les deux donneurs d’ordres, PSA et Renault, qui croulent sous des profits indécents et des dividendes qui se chiffrent en milliard, ne veulent pas faire vivre le site. Par une petite manipulation médiatique, ils ont lâché 25 millions de chiffre d’affaires aux salariés afin qu’ils retirent les bobonnes de gaz qui piégeaient les machines. Aujourd’hui l’État et les dirigeants du secteur automobile leur crachent à la figure avec un soi-disant repreneur qui ne veut prendre que 140 salariés voire moins, le tout sans charge de travail supplémentaire. Le patronat organise la fermeture du site, qui va tomber s’il n’y a pas de solidarité inter-entreprise de la part des syndicats des donneurs d’ordre PSA et Renault, pour sauver tous les emplois de l’usine.

Dans le cas de la lutte des Matt, eux aussi menacés de fermeture, les travailleurs sont tout aussi isolés dans leur lutte. Cependant, les résistances ne manquent pas : à SNWM, les ouvriers ont obtenu des avancées sur leurs revendications salariales ; à Mecaplast, en mars, les salariés ont obtenu une prime de 1400 € après deux jours de grève. Toutes ces luttes sont les nôtres : si les GM&S et les MATT perdent, tous les salariés de l’automobile auront subi une nouvelle défaite.

Nous savons que notre classe a plus que jamais besoin de victoires face aux patrons pour se donner confiance et ainsi mieux préparer la riposte contre le gouvernement Macron et ses attaques contre le monde du travail dans son ensemble. Il s’agit donc aujourd’hui de réfléchir aux moyens d’unir ces luttes pour frapper sur le même clou au même moment, de trouver les moyens de faire fléchir ensemble ces patrons qui, comme Carlos Ghosn, gagnent des millions d’euros par an sur le dos des salariés. Les directions syndicales du secteur automobile, à commencer par la CGT, ont un rôle à jouer en ce sens, afin que les différentes luttes en cours ne restent pas isolées. Il devient indispensable qu’un plan de bataille conséquent et commun soit proposé pour unifier toutes les usines touchées par les attaques, la répression, les licenciements ou carrément les fermetures, de GM&S au groupe PSA, en passant par Renault et toutes les entreprises sous-traitantes. Cette question est une nécessité pour songer à ce que les travailleurs du secteur automobile deviennent une véritable pointe avancée des résistances qu’il nous faudra construire, tous secteurs confondus, tous ensemble, contre les attaques que nous prépare le gouvernement Macron main dans la main avec les patrons.




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