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Notre classe

Nos vies, pas leurs profits

Depuis 51 jours, les grévistes de l’hôpital Pinel d’Amiens mènent une lutte exemplaire

Depuis le 15 juin dernier, l'hôpital psychiatrique Philippe-Pinel de Dury, près d'Amiens (Picardie) vit au rythme de la lutte. En ligne de mire des grévistes, le manque de moyen qui conduit à une situation de souffrance, des soignants comme des patients. Face à la combativité des grévistes, la direction, l'ARS et le ministère de la santé font la sourde oreille, n'hésitant pas à envoyer la police pour briser le mouvement.

Crédits photo : Page facebook Pinel en lutte

C’est une lutte en tout point exemplaire qui se déroule à l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel de Dury, à côté d’Amiens. Depuis le 15 juin dernier, soit 51 jours, le personnel est en grève face au manque de moyen dévastateur et générateur d’une souffrance totale, aussi bien du côté des patients que du personnel de l’hôpital.

C’est pourquoi, les grévistes revendiquent la création de 60 postes, ouverture de deux services supplémentaires afin de pouvoir accueillir décemment l’ensemble des patients, la création de postes pour les services généraux et la titularisation des contractuels, c’est à dire du personnel et des soignants embauchés via des contrats précaires. L’ensemble de ces revendications on ne peut plus légitime sont également articulés autour d’une revendication centrale, afin de s’attaquer à la source même des différentes coupes budgétaires et du manque de moyen chronique à l’hôpital : L’effacement de la dette de l’établissement envers l’agence régionale de santé (ARS).

Bien que cette grève, déterminée et aux revendications toutes orientées vers une meilleure prise en charge des patients, ait subi une forme de black-out médiatique à échelle nationale, elle bénéficie aussi d’un soutien massif, tant de la part d’associations, que de collègues ou, plus largement, de la population. Une réussite liée à la très bonne communication des grévistes, notamment via la page facebook PINEL EN LUTTE, qui permet au jour le jour de se tenir au courant de l’actualité de la grève.

Cependant, et alors que les grévistes demandent la tenue d’une table ronde réunissant médecins, personnels, soignants, l’ARS, la direction de l’hôpital et le ministère de la santé afin de poser l’ensemble des problèmes sur la table, c’est pour l’heure la politique de la sourde oreille qui est de mise. Une situation qui a amené les grévistes à occuper, le 12 juillet dernier, l’ARS d’Amiens, jour et nuit. Une occupation qui a tenu jusqu’au 14. Ce jour là, aux alentours de 17h45, c’est une cinquantaine d’agents de répression qui sont venus déloger l’occupation ! Voilà donc la seule réponse apportée aux revendications des grévistes...

Pas de quoi décourager les grévistes, qui non seulement poursuivent leur mouvement, mais ont également décidé de camper devant l’hôpital toute les nuits jusqu’à l’ouverture de cette table ronde et la satisfaction de leurs revendications.

D’ores et déjà, le préavis de grève a été reconduit jusqu’au 31 août, preuve que les grévistes sont déterminés à poursuivre le combat jusqu’au bout ! Après 51 jours de grève, la lutte des personnels et soignants de l’hôpital Pinel est aussi emblématique des centaines de grèves qui ont court en milieu hospitalier, et démontre d’une détermination sans faille pour lutter contre le démantèlement des services publics, dans la santé comme ailleurs.




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