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Monde

Après le tremblement de terre aux Caraïbes

Derrière le scandale d’Oxfam, plus de 120 membres d’ONG accusés d’abus sexuels

Après avoir appris que des membres de l’ONG britannique Oxfam avaient abusé sexuellement de victimes du tremblement de terre désastreux qui avait eu lieu à Haïti en 2010, ce sont désormais 120 autres plaintes contre des organisations britanniques, comme Save The Children, Christian Aid ou la Croix Rouge, qui ont été révélées au grand jour.

La vice-directrice exécutive de l’organisation humanitaire britannique Oxfam, Penny Lawrence, a démissionné ce lundi après les révélations la semaine dernière sur des directeurs et des bénévoles de l’ONG qui avaient fait appel à des prostituées peu après le tremblement de terre qui a dévasté le pays en 2010.

Lawrence a admis, dans un communiqué, que l’organisation avait reçu des plaintes à propos de possibles comportements « inappropriés » de la part de certains de ses membres avant qu’ils ne soient envoyés aux Caraïbes, mais qu’elle n’avait pas pris les mesures nécessaires. « En tant que directrice du programme à ce moment-là, j’ai honte que cela se soit produit sous ma supervision et j’en assume toute la responsabilité », a déclaré la directrice, qui connaissait déjà la situation et avait couvert les faits, avant d’être poussée vers la sortie face au scandale provoqué par l’affaire.

Oxfam, la partie émergée de l’iceberg

Cependant, les sévices sexuels dans le contexte de ces missions prétendument « humanitaires », dans des situations d’extrême vulnérabilité sociale des populations, ne se limite pas à Oxfam. Le Sunday Times a ainsi révélé ce dimanche que plus de 120 membres de différentes ONG britanniques avaient été accusés d’abus sexuels l’année passée et aucun n’a été jugé pour ces faits.

Selon les chiffres publiés par le quotidien, Oxfam a enregistré 87 cas l’année dernière, mais l’ONG Save The Children est également dans le viseur avec 31 cas, dont 10 « qui ont été portés à la connaissance de la police et des autorités civiles », ou encore l’organisation Christian Aid qui a enregistré deux incidents.
Dans le cas d’Oxfam, qui a reçu 340 millions d’euros cette année de la part du gouvernement britannique et de donations publiques, et qui dispose de 5.000 employés et d’un réseau de 23.000 volontaires, l’organisation britannique a transmis aux autorités 53 des accusations. Selon Save The Children, les 31 cas recensés se sont produits à l’étranger et 16 des personnes concernées ont été licenciées en réponse aux accusations. Christian Aid, pour sa part, a affirmé avoir licencié un de ses employés et avoir pris des « actions disciplinaires » contre l’autre. La Croix Rouge britannique a admis qu’il y avait eu « une petit nombre de cas d’harcèlements ».

En outre, un ancien membre de la Croix Rouge et des Nations Unies, Andrew MacLeod, a signalé au Sunday Times qu’il y avait un manque de réponse face à la « pédophilie institutionnalisée » parmi les travailleurs humanitaires des missions internationales.

Ces cas d’abus sexuels et de leur dissimulation de la part de ces organisations ne se limitent pas au cas haïtien. Selon l’hebdomadaire The Observer, un ancien membre d’Oxfam avait révélé des détails sur la manière dont les travailleurs humanitaires avaient déjà abusé de prostituées au Tchad en 2006. A cette époque, le chef de la mission dans le pays, Roland Van Hauwermeiren, avait dû démissionner en 2011 après avoir reconnu l’exploitation sexuelle de femmes après le tremblement de terre en Haïti, durant lequel étaient mortes plus de 220.000 personnes.

Traduction de La Izquierda Diario




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