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Jeunesse

Les attaques contre la jeunesse pleuvent

Dés 2019, les jeunes de 16 ans obligés d’effectuer le service national durant 1 mois 

Le gouvernement a confirmé aujourd'hui que le service national universel, promesse de campagne de Macron, serait bel et bien obligatoire, s'effectuera à 16 ans et sur une durée d'un mois au moins. Édouard Philippe présentera ce mercredi, en Conseil des ministres, les « grandes orientations » de ce service national qui sera effectif à partir de 2019.

Crédits photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Initialement, Macron était favorable à un service national obligatoire d’une durée allant de 3 à 6 mois. Après des mois de flottement, marqués par de nombreux rapports et des débats enflammés, Macron, droit dans ses bottes, maintient ce projet et, surtout, son caractère obligatoire. Il s’est finalement orienté vers un mois minimum de service universel, qui devra s’effectuer autour de 16 ans. Ainsi, ce sont des centaines de milliers de jeunes qui, à partir de 2019, se verront obligés, qu’ils le veuillent ou non, d’effectuer ce service national. Pour des raisons juridiques, ce service national ne peut être imposé à des personnes majeures.

Concernant les contours du projet, Édouard Philippe annoncera ce mercredi 27 juin, en Conseil des ministres, les « grandes orientations », avant de lancer une consultation avec les organisations de jeunesse en automne. Une consultation qui, selon le gouvernement, devra décider des modalités de ce service national : « le projet doit encore être construit avec les jeunes, leurs parents, les enseignants et les collectivités, au sein d’une grande consultation numérique ». Un changement de ton et de méthode du côté du gouvernement, qui joue ici la carte du dialogue, et d’une pseudo-démocratie.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a même osé déclaré ceci : « Notre signe est que nous consultons et concertons sur chaque texte. Et donc celui-là comme les autres sera le lieu de la consultation ». L’hypocrisie d’un gouvernement qui fait passer ses réformes antisociales à coups de matraque et en s’appuyant sur les traits les plus autoritaires et bonapartistes de la Ve République, comme les ordonnances et le 49.3, est ici édifiante !

Ainsi, si le gouvernement opte aujourd’hui pour la méthode du dialogue, à travers la mise en place d’une consultation, c’est bel et bien parce que ce dossier, dans un contexte marqué par une mobilisation étudiante et lycéenne contre la loi ORE et Parcoursup et un sentiment anti Macron très fort chez les jeunes, est potentiellement explosif. Les principales organisations lycéennes et étudiantes avaient par ailleurs fustigé début juin dans une tribune les « incohérences » et le caractère « contraignant » de ce projet, ainsi que sa logique « démagogique ». C’est bel et bien pour « rassurer » ces organisations étudiantes et tenter de prévenir la contestation que ce projet pourrait provoquer au sein de la jeunesse que le gouvernement joue la carte du dialogue et de l’écoute.

Cependant, ce que le gouvernement propose n’est qu’une consultation. L’imposition de ce service national à des milliers de jeunes est déjà acté, et c’est bel et bien le gouvernement qui, in fine, tranchera sur les modalités du service. Si à travers la méthode, le gouvernement veut semer l’illusion qu’il écoute les jeunes, il faut se rappeler que, depuis le début du quinquennat, c’est à coup de matraques que Macron tente de mater la jeunesse et de la faire rentrer dans le rang.

Si on ne sait pas les contours exacts du projet, les termes du porte-parole du gouvernement donne la couleur : il s’agit de « voir avec les organisations de jeunesse, les jeunes eux-mêmes, comment on peut construire les choses qui soient à la fois le moyen de recréer ce creuset républicain, ce moment autour de la nation ».

L’idée étant de mater et de mettre au pas une jeunesse qui exprime de plus en plus son opposition aux politiques gouvernementales menées ces dernières années, qui la condamne à toujours plus d’exploitation, de précarité et de souffrances, et ce à travers la production d’un consensus : celui de l’union nationale, du creuset républicain, qui permettrait de réunir l’ensemble des « citoyens » français, effaçant de fait tout clivage sociaux et de classe. Un nationalisme et un patriotisme au cœur des politiques du gouvernement en matière d’éducation. Notamment dans les programmes d’enseignement civique et moral du cycle primaire, qui met à l’honneur des valeurs républicaines, comme l’hymne national, la fête nationale... en témoigne.

Rarement l’exécutif n’a pris autant de gants pour faire passer un projet. Mais, malgré sa méthode collégiale, à l’instar de toutes les autres mesures antisociales prises par le gouvernement, cette mesure représente une attaque à l’égard de la jeunesse, qui mérite une riposte d’ampleur.




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