^

Monde

Chants de soutien lors de la rencontre inter-gare

Des cheminots en grève solidaires du mouvement argentin pour le droit à l’avortement

Lors de la rencontre inter-gare de ce lundi 18 juin, les cheminots grévistes ont souhaité apporter leur solidarité à la lutte féministe argentine pour le droit à l'avortement. Symboliquement, ils se sont munis de foulards verts, signe de la lutte pro-avortement.

Ce lundi 18 juin avait lieu à l’initiative de plusieurs grévistes une rencontre inter-gare à Paris Nord. Pensé comme un cadre d’auto-organisation élaboré par les travailleurs en lutte et en marge des directives des fédérations syndicales, il leur permet de penser et discuter de la grève, de ses modalités, et d’autres revendications de manière démocratique. Aujourd’hui, ce fut l’occasion pour les cheminot.te.s présent.e.s de montrer leur soutien à la lutte en cours en Argentine pour le droit à l’avortement légal, gratuit, et en toute sécurité.

Le 13 juin dernier fut voté au Congrès argentin, à une courte majorité de quatre voix, la proposition de légaliser à échelle nationale le droit à l’avortement. Proposition déposée par un député du groupe parlementaire d’extrême gauche Frente de Izquiera (FIT) et réfutée à sept reprises ces dernières années, c’est aujourd’hui une victoire historique pour le mouvement féministe, incarné notamment par le slogan Ni Una Menos (« Pas une de moins »). La proposition doit maintenant passer l’étape du Sénat argentin.

Tandis que la marée verte des pro-avortement se propage à grande vitesse dans toute l’Argentine, les militants argentins appelaient la semaine dernière à un tsunami vert et à la solidarité dans les écoles, les usines, et sur les rails. C’est chose faite pour les cheminots de l’inter-gare de Paris Nord, qui ont décidé de soutenir ensemble et au sein de ce cadre d’auto-organisation la revendication des femmes de disposer de leurs corps. Munis de leurs chasubles et de leur foulard vert, symbole de la lutte pour l’avortement, les grévistes ont unanimement chanté leur soutien à travers le slogan « on est là pour l’honneur des cheminots et l’avenir de nos marmots, même si vous ne le voulez pas, nous on est là », liant ainsi leur lutte contre le pacte ferroviaire à celle menée au même moment par les femmes, les hommes, et les travailleurs en Argentine.

C’est avec force que Mika et Torya, tous deux cheminots en grève, revendiquent donc le droit des femmes de disposer de leurs corps comme elles l’entendent. Pour eux, il est important de démontrer en tant que cheminot en grève leur soutien à d’autres luttes en cours, y compris lorsqu’elles touchent d’autres secteurs de la société. Comme l’explique Anasse ensuite, cette vidéo de soutien est l’occasion de « parler un peu de féminisme, de parler de solidarité, de passer les frontières », notamment celles du corporatisme, risque qui touche toute lutte surtout lorsqu’elle est longue et complexe, à l’instar de celle contre le pacte ferroviaire.

Ce soutien à la lutte féministe à l’international concrétise la convergence des luttes, le mot d’ordre du printemps 2018. Au-delà des revendications propres à tel secteur, les cheminots démontrent leur enthousiasme vis-à-vis des offensives de la classe ouvrière qui partout dans le monde lutte pour obtenir de nouveaux droits et renforcer ses acquis.

Et comme le rappelle Anasse, c’est bien grâce à la grève que cette solidarité est possible. Sans avoir conscience de ses propres forces en tant que travailleur pour lutter contre les attaques de son patron, il est impossible de se sentir solidaire d’autres secteurs opprimés et exploités, d’autant plus lorsque c’est à échelle internationale.




Mots-clés

Féminisme    /    Cheminot-e-s   /    Grève   /    Internationalisme   /    SNCF   /    Argentine   /    Monde