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Durcissement de l’accès au droit du sol à Mayotte, les députés ont tranché

A Paris, ce mercredi 11 juillet, les députés réunis en commission ont donné leur feu vert pour modifier le droit du sol sur l’île de Mayotte. C'est dans la continuité du projet de loi asile immigration, mené par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb, que les députés ont adopté l'article sénatorial. Ce dernier restreint les conditions d'obtention de la nationalité par le droit du sol sur l’île.

Crédit photo : Streetpress / Axel Roux

Précisément, il s’agit pour les enfants nés à Mayotte, d’avoir l’un de ses parents ayant, à la naissance, été présent régulièrement sur le territoire national depuis plus de trois mois. C’est une volonté ferme de diminuer l’accès à la nationalité française, sur un territoire qui est justement français par le fait de la colonisation.
 
Les îles de l’archipel des Comores, marquées par une très grande pauvreté, ne comptent plus qu’une seule île sous contrôle français, après que les mouvements d’indépendance et le referendum en 1974 ait rompu le contrôle de l’État français sur les trois autres îles, à l’exception de celle de Mayotte, qui avait vu dès les années 1840 s’installer de nombreux colons, expliquant aussi de la sorte le résultat contraire du referendum.
 
C’est dans une situation de difficulté économique que se trouve tout l’archipel marqué par le colonialisme français (passé et présent), ce qui ne peut inévitablement que créer les conditions d’une immigration massive. Emmanuel Macron s’était d’ailleurs essayé à des blagues de mauvais goût sur les kwassa-kwassa, ces embarcations fragiles utilisé par les migrants, qui ont conduit plus de 10.000 d’entre eux à la mort. 
 
Ramlati Ali, députée mahoraise LREM a imploré ses collègues de "venir voir cette situation qui freine le développement socio-économique" en parlant d’une « situation urgente ». En effet la situation est urgente dans la mesure plus de 10 000 personnes ont perdu la vie à bord de ces kwassa kwassa (selon un rapport sénatorial établi en 2012).
 
Le 28 juin dernier, Macron avait d’ailleurs soutenu ce durcissement du droit du sol et avait parlé « d’adapter les conditions d’exercices [du droit du sol] à la réalité de ce territoire ». La réalité des territoires ? Une île dont le taux de chômage avoisine les 26%, contre 9,2% au national, selon l’Insee et dont les services publics sont complètement dégradés quand ce n’est inexistant. Une situation de précarité et d’insécurité qui avait conduit la population à se mettre en grève en février dernier.
 
Cette grève était pour le moins partagée entre une aile réclamant la mise en place de services publics de qualité, et une autre qui s’axait sur la question de la sécurité en demandant plus de force de surveillance et de répression. Et c’est bien sur le volet plus sécuritaire et réactionnaire que Macron tente de surfer. C’est ainsi qu’il s’est empressé de soutenir cet amendement qui revient à, comme sur le sol métropolitain, criminaliser les migrants.
 
En métropole et dans ses colonies, la ligne de politique migratoire du gouvernement Macron renvoie de plus en plus à des logiques empruntées à l’extrême-droite. Avec comme introduction la loi asile immigration, Gérard Collomb reste fidèle à sa politique migratoire et a déjà durci les conditions d’accueil des réfugiés sur l’ensemble du territoire français.




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