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Société

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Éborgné en 2012 par un tir de flashball, le policier responsable du tir relaxé par la justice

Le 21 septembre 2012, alors que l’équipe de foot de Montpellier s’apprête à jouer contre Saint-Etienne, un policier de la Brigade Anti Criminalité tire au flashball dans l’oeil du jeune supporter montpelliérain Florent Castineira.

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paru dans lundimatin#122, le 13 novembre 2017
[Doc du réel] Rencontre avec « Casti » supporter montpelliérain

Le 21 septembre 2012, alors que l’équipe de foot de Montpellier s’apprête à jouer contre Saint-Etienne, un policier de la Brigade Anti Criminalité tire au flashball dans l’oeil du jeune supporter montpelliérain Florent Castineira.

Après 5 années d’instruction, le juge en charge de l’enquête a décidé mardi 7 novembre de prononcer un non-lieu en faveur du policier. Pour la justice, il aurait agi en état de légitime défense bien qu’il soit avéré que Florent Castineira buvait simplement un verre en terrasse.

Cette rencontre avec « Casti » a eu lieu en 2015.

Dans cet entretien fleuve de 40 minutes, Casti raconte comment on vit après une telle mutilation et revient autant sur le contexte de son éborgnement par les forces de l’ordre que sur la répression plus large qui s’abat sur les supporters et les "ultra" depuis 2010.

QUELQUES DATES

1993 : LOI DITE « ALLIOT-MARIE » L’utilisation ou l’introduction de « fusées ou d’artifices » est interdite dans les enceintes sportives, sous peine d’amende et de prison.


28 février 2010 : MATCH PSG/OM au Parc des Princes. Une bagarre éclate aux abords du stade qui entraine la mort d’un supporter du PSG, Yann Lorence, 37 ans, habitué de la tribune de Boulogne.

2010 PLAN LEPROUX : Dissolution des associations de supporteurs et instauration du placement aléatoire, schisme entre la direction parisienne du PSG et les ultras. Cette logique de pacification qui use des interdictions de stade et organise le placement des supporters dans les tribunes fait le ménage chez les supporters. En voulant « pacifier et restaurer l’image » du PSG, le plan Leproux met un terme au mouvement ultra au Parc des Princes.

Les interdictions de stade sont appliquées administrativement ou par sanction pénale. Mesures administratives : Un spectateur de football peut être interdit de stade en raison « de son comportement d’ensemble à l’occasion de matchs, d’actes de violences, de racisme commis à l’occasion d’un match, ou de son appartenance à un groupe de supporters dissous ou suspendu par le préfet pour des faits de violence et/ou de racisme ». Un spectateur de football peut être sanctionné pénalement suite à des « violences à l’occasion d’un match même en dehors d’un stade, introduction de boissons alcoolisées ou entrée en état d’ivresse dans un stade, incitation à la haine (même sans motifs racistes) ou à la violence, port d’insignes racistes lors d’un match, introduction ou utilisation de fumigènes, port d’arme ou jet de tout objet pouvant servir d’arme (bâton, projectile...) dans un stade, invasion du terrain, ou participation à un groupe de supporters dissous ou suspendu par le préfet ».

2014 RAPPORT GLAVANY : Développer le « civisme » dans les stades
Le but de ce rapport est de « combiner dialogue et fermeté pour inscrire le football et ses manifestations dans les règles de la vie civique ».
Suite à ce rapport, Casti et d’autres supporters créent l’ANS, association nationale des supporters afin de dépasser les rivalités entre clubs et villes et représenter les ultras et leur passion face aux instances gouvernementales.

1er octobre 2016 : Retour autorisé des ultras répartis au sein d’une dizaine de groupes, en concertation avec les pouvoirs publics (150 à 200 ultras sont à nouveau autorisés à revenir au stade).

LES SUPPORTERS DE FOOTBALL, COBAYES DU FICHAGE ET DE LA SURVEILLANCE GÉNÉRALISÉE

Nous renvoyons ici à l’article très complet de Jérome Latta paru sur le site Regards en avril 2015

Prenez un groupe de population relativement bien identifié, régulièrement stigmatisé dans les médias, victime d’amalgames avec sa frange violente, doté d’une dimension militante, qui ennuie des intérêts privés et leurs soutiens politiques en s’en prenant à la marchandisation de son univers. Ajoutez les violences policières dont il fait l’objet, ainsi que les mesures attentatoires aux libertés individuelles de ses membres. Constatez que, de surcroît, il est désormais la cible d’un dispositif de fichage et de surveillance bafouant tous les principes du droit. En toute logique, un tel tableau devrait susciter de vives protestations.

Las, la médiocre popularité des supporters de football ne leur vaut pas une très grande attention. Les amalgames entre "Ultras" et hooligans, la médiatisation exclusive des incidents impliquant une extrême minorité d’entre eux, le mépris auquel reste voué le football en tant que sous-culture populaire… tout concourt à ce que leur cause reste perdue. C’est justement pour ces raisons qu’ils constituent, depuis quelques années, le laboratoire idéal pour l’expérimentation des lois d’exception et des politiques privatives de liberté. Des raisons de s’y intéresser de près, donc."

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