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Politique

Tribune libre

Émotion, colère et tristesse. Antonin Bernanos a été interpellé ce matin

Texte de Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue.

Antonin Bernanos a été interpellé ce matin à 6h au domicile de sa mère pour l’exécution de sa peine dans l’affaire dite du quai de Valmy. Comme si le cycle de la vengeance et de la violence ne s’interrompait jamais pour laisser la place à celui de l’apaisement, la police a choisi d’agir avec une précipitation absurde, avec brutalité, en venant avec une quinzaine d’hommes, à 6h de matin, en défonçant au bélier la porte de chez sa mère qui allait leur ouvrir, puis en envahissant l’appartement, en laissant à peine le temps à Antonin de rassembler quelques affaires alors qu’il part en prison pour de longs mois, et en justifiant cette usage de la force par un manquement imaginaire à une obligation de pointage dont son avocat dément formellement l’existence.

Pourquoi cette décision soudaine et cette action si précipitée alors qu’Antonin avait repris ses études ? Cette décision d’interpeller Antonin aussi brutalement sans justification et d’une manière aussi traumatisante pour lui et ses proche est-elle liée au fait qu’il devait intervenir samedi, avec Assa Traore et moi, sur le monde prison-Justice à l’université de Nanterre ? L’objectif est-il de l’empêcher de témoigner publiquement sur l’univers carcéral parce que son existence comme sujet de discours public est insupportable à quelques syndicats de policiers ? Et quelques réseaux d’extrême droite. Sans doute.

Toujours est il que, encore une fois dans ce dossier et comme toujours quand la police est partie dans un dossier, l’Etat choisit plutôt les voies de la violence et de la vengeance que celle de l’apaisement et de la gestion rationnelle.

Aujourd’hui Antonin est en prison pour des semaines et peut-être des mois. Pensées à lui et sa famille.

Libérons-Les !




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