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Politique

Répressions et Régressions

Gouvernement Philippe : un gouvernement martial en guerre contre le code du travail

Après des heures d’attentes, le nouveau gouvernement d’Edouard Philippe a été dévoilé. Et sa composition annonce la couleur pour les prochains mois : un gouvernement martial pour attaquer le droit du travail.

Un gouvernement martial et répressif

L’annonce du premier gouvernement d’Emmanuel Macron, qui durera au moins jusqu’à l’issue des élections législatives, clarifie la façon dont le nouveau président veut gouverner. Après sa cérémonie d’investiture qui l’a intronisé en véritable nouveau Bonaparte puis sa descente des Champs Elysées dans un véhicule militaire, la liste des ministres du nouveau gouvernement confirme la stature guerrière du président chef des armées. En effet, parmi les trois ministres d’Etat (une forme de titre honorifique pour distinguer les ministres les plus importants) figure Gérard Collomb, en tête de l’ordre protocolaire. L’homme, maire de Lyon, est surtout connu par les habitants pour être un fervent adepte des caméras de sécurité dans sa ville, mais aussi de la répression : pendant la loi-travail, Lyon voyait des policiers réprimer les manifestants de façon particulièrement zélée. Ce qui choque surtout, c’est qu’il soit premier dans l’ordre protocolaire, comme pour signifier que le plus important pour le quinquennat serait avant tout le renforcement de l’Etat d’urgence, des mesures liberticides et de l’armement des forces de répression. En effet, si Manuel Valls était 7ème dans l’ordre protocolaire, le dernier ministre de l’intérieur à avoir été en tête de cet ordre n’est autre que Nicolas Sarkozy. De surcroit, la nouvelle dénomination du ministre de la Défense, maintenant appelé « ministre des armées » signe un retour de la France du général de Gaulle. De plus, l’ordre protocolaire plus généralement signe un retour de la France régalienne : hormis une place d’honneur pour Nicolas Hulot, le quintet de tête se compose du ministère de l’intérieur, suivi par la justice, les armées et les affaires étrangères. De quoi confirmer le scénario d’un tournant bonapartiste toujours plus affirmé.

La droite au ministère de l’économie, le CAC40 au ministère du travail

Le nouveau gouvernement marchera donc sur deux piliers : un premier pilier répressif, et le second ultra-libéral avec pour mission de casser le code du travail. En effet, le nouveau gouvernement donne à la droite deux ministres importants, Bruno Le Maire ministre de l’économie et Gérald Darmanin ministre de l’Action et des Comptes Publics. Bercy est donc aux mains des Républicains, qui s’attèleront avec zèle à détricoter le code du travail au plus vite. D’autant plus que la ministre du Travail, Muriel Penicaud, est tout simplement la directrice générale de Business France, une agence au service des intérêts du CAC40. De plus, elle a été DRH chez Danone (2008-2013), directrice générale chez Dassault Systèmes, ainsi qu’administratrice d’Aéroports de Paris, de la SNCF et du groupe Orange. Pour le dire autrement, Gattaz a trouvé une ministre prête à découper tout le code du travail et surtout les entreprises publiques. Un gouvernement qui n’est plus seulement au service du CAC40, mais qui est composé par lui : c’est bien un nouveau gouvernement qui part en guerre.




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