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Politique

Répression des Gilets jaunes

Grand débat ? Un retraité qui fait remonter ses doléances convoqué par les Renseignements

Alors que le gouvernement tente d’éteindre le mouvement en invitant soit-disant tous les Gilets jaunes à participer au Grand débat, deux jours après son ouverture l’imposture démocratique de celui-ci s’illustre déjà.

Photo : LP/Marie Persidat

Pour les rares personnes qui se faisaient encore des illusions sur le caractère démocratique du Grand débat, l’attitude du gouvernement depuis son ouverture hier a certainement tiré un trait définitif dessus. A ce sujet, le cas de Jacques D., retraité et habitant de Mériel (Val-d’Oise) est on ne peut plus parlant.

Dès le début du mouvement des Gilets jaunes ce retraité avait participé à la constitution d’un groupe de discussion : « les Gilets jaunes solidaires du Val-d’Oise ». Au mois de décembre, comme le rapporte Le Parisien, alors que Macron vient d’annoncer la tenue d’un Grand débat citoyen, il synthétise dans un document de quelques pages, les discussions de son groupe. Ses réflexions portent sur différents thèmes, comprenant les inégalités de salaire, l’éducation, etc. Il les fait parvenir par par la Poste au Préfet du Val-d’Oise : « À l’époque la mairie n’avait pas encore mis de cahier à disposition. Je me suis dit qu’il n’y avait qu’un seul moyen officiel de s’exprimer, en transmettant directement à la préfecture ».La semaine dernière le Gilet jaune est convoqué par les Renseignements généraux pour un entretien. Deux agents des RG viennent l’interroger chez lui quelques jours plus tard sur les membres de son groupe, ses affiliations politiques, etc.

« A partir du moment où ce monsieur se présente comme un Gilet Jaune, il est normal qu’on le contacte. ». Voilà la réponse de la Préfecture du Val-d’Oise, qui – laissez nous rire – affirme que les Renseignement n’ont pas « convoqué » mais « invité » le gilet jaune à les « rencontrer ». Alors que le gouvernement a annoncé l’instauration prochaine d’une loi permettant au pouvoir de ficher les manifestants et l’augmentation des interdictions de manifester, à l’évidence plus besoin d’aller sur les ronds-points ou les Champs-Elysées pour être considéré comme suspect. On le voit, ceux mêmes qui respectent le plus la mascarade démocratique du gouvernement sont visés.

Hier déjà, lors de l’ouverture lors du Grand débat à Grand Bourgtheroulde dans l’Eure, les Gilets jaunes de la région qui s’étaient réunis pour attendre Macron ont fait face à une répression féroce de la part de la police, dans une ville en état de siège. Les Gilets jaunes ont été gazés et au moins l’un d’entre eux interpellé. Une illustration de plus de ce que le gouvernement entend par « débattre ».




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