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Politique

On n’arrête pas le progrès (ni les contradictions)

Grands projets inutiles et polluants. La politique écolo de Macron et Hulot

On sait que la dernière breloque qui a été confiée à Hulot c’est l’inscription de la défense de l’environnement dans l’article 1 de la Constitution. Si l’on y regarde de plus près, en termes de défense de l’écosystème, la Macronie n’est pas à une contradiction près.

crédit photo : Les ZIRAdiéEs (page twitter @ZIRAdies)

C’est avec beaucoup d’aplomb et de sérieux que Nicolas Hulot avait annoncé, la semaine dernière, que la protection de l’environnement serait bientôt inscrite dans le premier article de la Constitution. Comme si un article changeait quelque chose… compte tenu que ce même article 1 promet, également, que la République est censée être « sociale ».

Il suffit de faire un tour d’horizon hexagonal (et colonial), pour voir que, sous la Macronie comme sous le gouvernement précédent, les grands projets inutiles vont bon train, et ce en dépit de nombreux mouvements d’opposition conduits par des riverains et des militants du mouvement social opposés à la marchandisation de la nature et à la destruction de l’environnement.

Le projet le plus connu est sans doute celui de Bure, dans la Meuse où les autorités souhaitent enfouir des déchets nucléaires en grande profondeur. Mais c’est loin d’être le seul. Après la « Ferme des mille vaches » et les porcheries géantes en Bretagne, il y a maintenant les poulaillers industriels de très grandes dimensions. A Lescout, dans le Tarn, où sont déjà « stockées » 18.000 poules pondeuses, la société souhaite agrandir encore davantage ses « locaux ». Le 26 juin, une manifestation, avec à sa tête la Confédération Paysanne, a dit tout le bien qu’elle pensait de ce projet. Un autre, similaire, est envisagé à Bressolles, dans l’Ain, où un poulailler géant existe déjà. Toujours au niveau agro-industriel, l’usine de granulé de bois d’Anor, dans le Nord, entend, également, gagner en surface. .

Et puis il y a les projets industriels : la transformation, près de Marseille, de la raffinerie Total de la Mède en raffinerie fonctionnant à l’huile de palme importée, l’usine de méthanisation de Curçay-sur-Dive, dans la Vienne, mais surtout le projet d’ouverture de la plus grande mine d’or industrielle « de France », la Montagne d’Or, au beau milieu de la forêt primaire guyanaise. Le projet ne prévoit pas seulement la destruction de la jungle, mais également le stockage de plusieurs millions de boues cyanurées, issues du traitement chimique des sables et des terres aurifères. Les Amérindiens sont opposés au projet de mine, mais pas Macron. Préoccupé par la défense de l’environnement, en revanche, son gouvernement continue à faire la chasse, dans la Guyane coloniale, aux orpailleurs « clandestins », accusés de polluer les rivières au mercure. Un bel alibi de plus pour la présence militaire de la Légion étrangère sur place. Quand ce sont d’énormes groupes qui veulent polluer à grande échelle, en revanche, c’est beaucoup plus simple d’obtenir les permis sans être inquiété par l’armée.

A ce sujet, d’ailleurs, les industriels peuvent remercier le gouvernement précédent, C’est sous le quinquennat socialiste que le délai de recours pour l’ouverture de sites polluants est passé de quatre à un an… puis à quatre mois, en 2017. Mais si la « sauvegarde » de l’environnement est inscrite dans la Constitution, on peut faire confiance à Nicolas Hulot pour que la loi soit respectée à la lettre.




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