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Précarité à deux roues

Grève. Les livreurs en lutte pendant le mondial de foot

A l'appel d'une centaine de travailleurs des différentes plateformes en ligne (Deliveroo, Ubereat, Stuart, Glovo et Foodora), une première journée de grève de ce secteur ultra-précarisé aura lieu ce dimanche.

Crédit photo : NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Nous avions déjà parlé dans un précédent article de la zone d’ombre que constituait le statut de travailleurs indépendants Le statut des travailleurs indépendants restent une zone d’ombre bien confortable, pour des entreprises comme Deliveroo ou encore Uber qui n’hésitent pas à l’utiliser pour exploiter leurs travailleurs qui ne bénéficient d’aucune sécurité à l’emploi.

Le gouvernement Macron entendait bien régler cette question, en constatant les nombreux procès intentés aux boites, comme en Espagne où Deliveroo a dû reconnaître un de leur travailleur comme un salarié de la boîte et non un travailleur indépendant.

L’amendement Taché, du nom du député LREM Aurélien Taché, discuté dans les hautes instances de l’Élysée n’entendait absolument pas sécuriser le statut des livreurs et accéder à leurs revendications pour lesquelles ils s’étaient déjà mobilisés l’année dernière mais bien permettre aux entreprises de continuer à les exploiter de manière si lucrative.

En effet, celui-ci entend libéraliser d’avantage le statut de livreur, en ouvrant la possibilité à l’entreprise d’établir une charte sans aucun contrôle extérieur. Laissant la question des conditions de travail et de la sécurité de l’emploi au bon vouloir des patrons. Seule obligation, la charte ne doit pas mentionner un rapport d’assujettissement d’une entité sur l’autre, plus concrètement, cela renforce le trait « indépendant » du statut. Un énième coup important à une profession déjà bien précarisée, décidé sans aucune concertation avec les syndicats représentatifs des livreurs. Macron n’essayant même pas de mettre les formes, quand il s’agit de travailleurs ultra-précaires.

Les coursiers des différentes entreprises de livraisons alimentaires dénoncent le manque total de protection social que leur confère le statut de travailleur indépendant, mais aussi la baisse des rémunérations, la modification des contrats, l’élargissement des distances couvertes par les livreurs.

Vivant au jour le jour la dégradation de leurs conditions de travail, une centaine de livreurs appellent à la grève pendant la dernière semaine de la coupe du monde 2018 comme signal fort « afin de faire entendre nos revendication à l’ensemble de la population ». Venant appuyé cette grève, les livreurs anglais de Deliveroo seront eux aussi en grève à partir du 13 juillet.

En raison de la difficulté de se mettre en lutte avec le statut de travailleur indépendant, les livreurs ont mis en place une caisse de grève en ligne : ici.




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