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Politique

Un mobilisation massive

Grève du 22 mai. Quelles revendications animent la lutte des fonctionnaires ?

La grève et les manifestations de ce 22 mai étaient très suivies. Focus sur les points centraux des revendications des fonctionnaires en colère.

Crédits Photo : Denis Meyer, Hans Lucas / AFP

Macron attaque tous azimuts de nombreux secteurs du monde du travail, et les fonctionnaires, qui subissent déjà depuis des années une précarisation croissante de leurs conditions de travail, ne sont pas épargnés. Ce 22 mai, ils manifestaient leur colère pour la troisième fois depuis le début du quinquennat de Macron. 

Hausse des salaires et dégel du point d’indice

Tous comme les cheminots, les travailleurs de la fonction publique font face à une véritable campagne de diffamation à leur encontre. En premier chef par rapport à leurs salaires, qui seraient bien plus élevés que dans le privé. Pourtant, la réalité est bien loin de ce que racontent bon nombre de médias. 

En effet, pour tenter de mettre un frein à la convergence des luttes qui se nouait en 2016, François Hollande avait dégelé le point d’indice des salaires des fonctionnaires, qui avait de ce fait augmenté de 0,6 % les deux années suivantes. Mais cette hausse de rémunération qui restait minime est loin de compenser le gel du point d’indice qu’ils connaissaient depuis 2010, leurs salaires n’augmentant pas durant six ans, contrairement au coût de la vie. Et cette année, le gouvernement Macron a de nouveau décidé de geler le point d’indice. 

Enfin, les médias clament haut et fort que le salaire moyen d’un fonctionnaire s’élève à près de 2500€ par mois. Mais ils omettent bien souvent de préciser que cette moyenne est fortement réhaussée par la comptabilisation de quelques hauts fonctionnaires, bien plus grassement rémunérés que les autres. Pour une bonne partie d’entre eux, le salaire est loin de s’élever au-delà de 1800 euros.

Contre la précarisation, les suppressions de postes et le recours croissant aux contractuels

Contre toute idée reçue, fonction publique est loin d’être synonyme de sécurité de l’emploi. Depuis 2010, les fonctionnaires titulaires peuvent être licenciés s’ils refusent trois fois de suite de changer d’emploi suite à une « restructuration » de l’administration où ils travaillent. 

Mais plus que tout, les travailleurs de la fonction publique dénoncent un recours toujours croissant à des contrats précaires. Plus de 17 % des effectifs sont aujourd’hui des contractuels non-titulaires, ce qui soumet les travailleurs à une précarité grandissante. 

Enfin, l’une des raisons de la colère est l’annonce du gouvernement d’une suppression de 120 000 postes dans la fonction publique d’ici 2022, ce qui ne fera qu’aggraver la surcharge de travail due aux sous-effectifs dans de nombreux secteurs et jeter des milliers de travailleurs dans la misère.

Jour de carence

Parmi les nombreuses attaques du gouvernement, les grévistes protestent notamment contre la ré-instauration du jour de carence dans la fonction publique au début du quinquennat de Macron. En effet, les fonctionnaires en arrêt maladie ne sont plus rémunérés qu’à partir du deuxième jour, soi-disant par « équité avec le privé ». Une justification de cette mesure honteuse qui est particulièrement révélatrice de la logique du gouvernement : le nivellement par le bas des conditions de travail de l’ensemble de notre camp social.

Pour un service public de qualité, accessible à toutes et tous

Par dessus tout, et à l’instar des cheminots, les fonctionnaires mobilisés ce 22 mai insistent sur les motivations de leur lutte. En effet, à mille lieues de tout esprit corporatiste, ils se battent avant tout pour des conditions de travail décentes et des effectifs suffisants au bon fonctionnement de l’ensemble des services publiques. 

Cela est particulièrement visible à l’hôpital où les attaques successives des différents gouvernements ont considérablement appauvri et dégradé l’accès au soin pour le plus grand nombre.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que la solidarité concrète entre tous les secteurs en lutte doit s’organiser dès aujourd’hui, et se matérialiser dans un combat d’ensemble contre Macron et son monde.




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