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Monde

Ajournement de la session d’investiture

La Catalogne s’apprête à vivre une nouvelle période de tensions

Après la victoire du bloc indépendantiste lors des élections de décembre dernier, la session d’investiture de Carles Puigdemont devait se tenir ce mardi 30 janvier. Pourtant, le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a décidé repousser la session afin de garantir la protection légale du candidat exilé à Bruxelles.

Crédits photo : AFP 2018 Quique Garcia

Le gouvernent espagnol, dans la poursuite de son tournant réactionnaire, continue à gérer la situation catalane à coup de sentences judiciaires. Cette fois, la Cour Constitutionnelle, soutenant pleinement le gouvernement de Mariano Rajoy, avait interdit la session d’investiture en considérant non valable l’investiture à distance de Carles Puigdemont en tant que président de la Catalogne.

Suite à cette annonce, en guise de solution, la Cour constitutionnelle avait ajouté que si Carles Puigdemont voulait être investi il fallait auparavant qu’il sorte de l’exil et qu’il demande en personne à comparaître devant le Parlement, auprès du juge chargé de l’enquête à son égard. Une solution qui avait pourtant tout l’air d’être un piège au vu du mandat d’arrêt immédiat contre Puigdemont sur le territoire espagnol.

Au regard de la situation, Roger Torrent, a décidé de repousser la session d’investiture afin de garantir la protection légale de Puigdemont et d’éviter son arrestation. Sans avoir précisé de nouvelle date, le président du parlement a affirmé que cet ajournement de la session d’investiture permettrait de gagner du temps pendant que la Cour Constitutionnelle examinerait les recours présentés contre les décisions prises par rapport à l’investiture à distance.

Torrent, comme pour prouver sa bonne foi et de son engagement, a déclaré que Puigdemont était le meilleur candidat possible dans la mesure où il a l’appui des forces indépendantistes avec 70 des 135 sièges du parlement. Cet engagement, en fait, ne trahit que l’impuissance politique de la direction bourgeoise du mouvement indépendantiste, toujours coincée par la répression que mène la justice espagnole.

Face à cette décision inattendue même pour les groupes politiques indépendantistes présents, les milliers de personnes qui se sont rassemblées ont marché jusqu’au Parlement et ont dépassé plusieurs cordons policiers en criant « occupons le Parlement ». Lors de la manifestation, qui n’est pas parvenue à sa fin, la situation était tendue et les CRS ont chargé plusieurs fois.

À 20h, peu après ces moments conflictuels, la journée s’est finie avec une apparition de Carles Puigdemont depuis Bruxelles où le candidat a appelé, afin de surmonter l’opposition de l’État espagnol, à suivre la même tactique infructueuse que jusqu’aujourd’hui : des mobilisations pacifiques convoquées par les représentants politiques.




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