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Politique

Qui sont les privilégiés du rail ?

La SNCF a versé un salaire mensuel de 52 000€ à la ministre des armées

La promesse du président de mettre en place un gouvernement exemplaire va patir de la révélation faite Marianne ce vendredi : la ministre des armées, Florence Parly, a touché entre janvier et juin 2017 315 000€ au titre de directrice générale de SNCF-Voyageurs, alors que les pouvoirs publics ne cessent de parler des dettes abyssales de l’entreprise publique.

Crédits photos : © Sipa

Un salaire en or que la ministre a mis du temps à déclarer

Depuis l’affaire Cahuzac, les ministres sont obligés, à leur nomination, de faire une déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie public (HATVP). Florence Parly, la ministre des armées de Macron, a ainsi fait la sienne, bien après tous ses homologues, en août. Peut-être voulait elle éviter que celle-ci soit examinée avec toutes les autres par les journalistes ? Car vu le contenu de la dite déclaration, la réputation de Macron étant le « président des riches » ne va pas s’améliorer de sitôt. Ancienne directrice générale de SNCF Voyageurs, Florence Parly a ainsi touché 52 569 euros mensuels entre janvier et juin 2017, soit 315 418 euros en un semestre ! Un salaire colossal pour une entreprise qui se dit systématiquement sous le poids des dettes, d’autant plus qu’il est en augmentation : en 2016, elle avait touché 365 961 euros, soit 30 496 euros par mois. Et ce n’est que son salaire de directrice générale, car grâce à sa présence dans les conseils d’administration de nombreuses grandes entreprises (Ingenico, Altran, Zodia Aerospace, BPI France), elle a touché en plus 139 119 euros. C’est donc 505 080 euros que la dirigeante a touché en 2016, soit 28 années de SMIC net en une seule année !

150 000 euros de prime de résultats pour six mois de travail

Toujours après l’affaire Cahuzac, le gouvernement avait décidé de mettre en place un « plafond » pour les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, à hauteur de 450 000 euros par an. Un plafond bien hypocrite, que la ministre aurait du atteindre si elle était resté toute l’année 2017 à la SNCF. En effet, son contrat prévoyait un salaire maximum de 300 000 euros par an, plus une part variable de +50 % (soit 150 000 euros) si les « objectifs » étaient atteint. Selon les calculs de Marianne, cette part variable n’a pu que lui être intégralement versé pour ses six mois de travail. En effet, selon son salaire, celle-ci a du recevoir, en plus des 150 000 euros de rémunération fixe pour six mois, les 150 000 euros de part variable correspondants aux « résultats » de sa politique. Et quels étaient les objectifs de la patronne de la SNCF ? On ne peut que préjuger, au regard de la politique générale du groupe, quelles ont été ses réussites : avancer un peu plus vers la privatisation des chemins de fer français, doper l’activité des branches de bus (Ouibus) et des trains à bas-couts (Ouigo) ou encore travailler à l’externalisation du plus de tâches possibles, pour éviter que le nombre de salariés ayant le statut de cheminot n’augmente… Une réussite sur toute la ligne pour le patronat, qui a donc réussi en prime à intégrer ses têtes pensantes au gouvernement !

820 498 euros en 18 mois à la SNCF… mais quels salaires auparavant ?

La dernière chose qui ne peut que nous interroger, c’est l’absence dans la déclaration d’intérêts à la HATVP de Florence Parly de ses précédents salaires, avant qu’elle soit DG à la SNCF. En effet, on sait que la patronne a été pendant deux ans directrice générale adjointe d’Air France Cargo puis directrice générale adjointe de l’activité « Passage Point » à Point Orly et Escales France. Elle était avant cela pendant dix huis mois directrice générale adjointe à la SNCF, chargée de la stratégie et des finances. Autant de postes qui n’ont pu que lui apporter d’énormes rémunérations, que la ministre a oublié, négligemment, d’expliciter dans sa déclaration d’intérêts. Quels que puissent être les montants de ces salaires, les rémunérations de la ministre la plus riche du Conseil des ministre montre une fois de plus ce qu’est le gouvernement Macron-Philippe : un gouvernement des riches, par les riches, pour les riches.




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