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Grève ONET Paris Nord

La SNCF et ONET font nettoyer la gare d’Ermont-Eaubonne sous surveillance policière

C'est un exemple de plus qui montre que les patrons se croient tout permis. Le droit de grève ? On connaît pas à la SNCF et à ONET. Sous surveillance policière, ils ont fait nettoyer la gare d'Ermont-Eaubonne, les forces de répressions ont joué leur rôle de maintien de l'ordre social empêchant les ouvriers grévistes d'intervenir, c'est ce qu'on appelle briser une grève à l'ancienne.

Les grévistes ont eu pour la seconde fois cette semaine la surprise de voir des policiers, Sept ce vendredi, encadrer le nettoyage de la gare d’Ermont-Eaubonne par ce qui semble être des intérimaires embauchés à cet effet.

Depuis plus d’un mois, les employés de la société H. Reinier, filiale du géant du nettoyage Onet, chargée du nettoyage sont en grève.
Un bras de fer qui s’inscrit dans la durée et qui fait monter la pression entre le client, la SNCF, l’employeur H.Reinier-Onet et les ouvriers grévistes.
Moins de trois jours après une première intervention des forces de l’ordre, mardi soir, la police nationale est une nouvelle fois intervenue ce vendredi, pour faire procéder au ramassage des détritus qui s’amoncellent dans et autour de poubelles. Cette opération fait suite à l’arrêté municipal pris, ce mercredi, par Hugues Portelli, le maire (LR) d’Ermont, las de voir la grève des nettoyeurs s’éterniser. Ainsi la mairie donne la possibilité, loin d’être légale, à la société Onet de procéder au nettoyage de la gare. La police joue son rôle de maintien de l’ordre social en interdisant le périmètre, n’hésitant pas à jouer des muscles, aux grévistes qui ont tenté sans succès d’empêcher cette entrave au droit de grève. « Ce n’est pas normal », a lancé de son côté, Sylla, l’un des grévistes du site d’Ermont-Eaubonne, avant de tenter de faire arrêter le nettoyage mais en vain. « Les négociations sont sur le point d’aboutir et la SNCF envoie la police pour faire travailler des gens à notre place. Cela va à l’encontre de notre droit de grève ».

Des méthodes partagées par la SNCF et ONET.

La SNCF qui se dit soucieuse de préserver le dialogue social, ne se cache pas derrière d’entraver le droit de grève de ses salariés comme le montre la dernière condamnation de l’entreprise par la justice. Elle a été condamné pour entrave au droit de grève. La direction changeait l’affectation de l’agent de service gréviste pour le mettre dans une tranche horaire qui n’était pas couverte par le préavis de grève de l’agent. Il était ainsi complètement utilisable par l’entreprise sur ces nouvelles plages horaires.

La loi du service minimum, adoptée par le gouvernement Sarkozy en 2007, impose aux cheminots de certains métiers comme la conduite, les agents d’accompagnement des trains et les agents travaillant dans les postes d’aiguillage, de se déclarer en grève minimum 48h en avance. Cette loi impose également le fait de devoir déclarer avec 24h d’avance que l’on cesse d’être gréviste. Avec cette loi dite « du service minimum », la direction de la SNCF, avec la complicité du gouvernement Sarkozy, s’est attaquée au droit de grève des cheminots. Dernièrement, un document élaboré par la direction de la SNCF affirme noir sur blanc la volonté d’étendre cette loi à quasiment l’ensemble des métiers du chemin de fer. Si cette mesure venait à être adoptée, cela voudrait dire tout simplement la fin des piquets de grève, qui jouent le rôle de convaincre les collègues de se mettre en grève au dernier moment, en expliquant les raisons de la grève.
A ONET comme on l’a vu deux fois cette semaine, on fait venir du personnel non gréviste pour effectuer le travail. Si dans la nuit de mardi à mercredi ça a échoué, notamment grâce à l’intervention des cheminots, aujourd’hui ils ont réussi leur coup. Lors de la grève d’ONET à Toulouse on a vu la même stratégie pour casser la grève. A Airbus lors de la grève des agents d’ONET, des chefs d’équipe et des salariés extérieurs au site étaient venus faire le travail des grévistes qui bloquaient l’ensemble de la chaîne de production. Ces derniers les ont éjectés du site. Quelques mois plus tôt, c’était à la Cité administrative de Toulouse avec l’entreprise ISS qu’ils avait tenté le coup et qui s’était également terminé par un échec.

Ces manières de faire mafieuses auxquelles le patronat des différentes entreprises font appel doit être une raison de plus pour que les cheminots et les ouvriers de H.Reinier ONET se soutiennent comme c’est le cas depuis le début de la grève.

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