^

Notre classe

Edito

La bataille des cheminots contre la privatisation du Rail doit être celle de toute la classe ouvrière !

Aujourd’hui l’ensemble des médias de la classe dominante, frappe sur les cheminots et leur statut qui serait des plus avantageux. Mais la fameuse réforme de la SNCF que prévoit le rapport de Jean-Cyril Spinetta, ne cherche en rien à sauver un groupe qui serait en grande difficulté : le but est uniquement de sauver les profits de la SNCF.

Crédits photos : IHS/CGT

Derrière cette attaque qui va remettre en cause tous les acquis du secteur cheminot, c’est aussi l’ensemble du salariat qui est attaqué, ainsi que le service public, que ce soit dans les transports ou dans la santé, l’éducation, etc. Si les exploités ne s’engagent pas dans la lutte pour leurs intérêts avec toutes leurs forces, ce sont les intérêts patronaux et actionnariaux qui vont gagner cette bataille. En effet, la privatisation de la SNCF ne servira qu’à imposer des suppressions d’emploi en masse et une dégradation des conditions de travail dramatique : une fois de plus les classes populaires paieront la note. Dans cette lutte, les cheminots ne sont pas les seuls à devoir mener une bataille contre le gouvernement qui veut privatiser les chemins de fer et détruire le service public. Pour de nombreux syndicalistes, comme Vincent Duse, militant CGT du site PSA Mulhouse, le combat contre le rapport Spinetta doit être un combat de tous les salariés du public et du privé.

Révolution permanente : que penses-tu de la réforme de la SNCF que propose le gouvernement ?

Vincent Duse : Il faut tout d’abord voir la démarche : le gouvernement Macron propose un rapport à Jean-Cyril Spinetta pour libéraliser la SNCF, c’est à dire privatiser, alors que celui-ci vient d’Air France avec de nombreuses casseroles aux fesses. Pour rappel, celui-ci a été mis en examen en 2007 pour diffamation à l’encontre d’un agent de piste, licencié suite à la chute d’une hôtesse de l’air. Ce type de comportement en dit long sur le personnage, qui n’est autre qu’un valet du patronat. Le rapport de plus de 120 pages qu’il propose pour massacrer l’ensemble du secteur cheminot vise à détruire des acquis gagnés lors de grandes luttes sociales, et vise à faire passer les cheminots pour des privilégiés. C’est un comble quand on voit qu’en 2017 pas moins de 200 milliards d’aides publiques ont été distribuées au patronat, de quoi largement payer des retraites dès 55 ans pour tous les salariés, ainsi que la sécurité sociale : difficile dans ce contexte d’accuser les cheminots de privilégiés et d’assistés. Les seuls assistés et privilégiés en France aujourd’hui restent les patrons et leurs valets, dont Spinetta est l’incarnation parfaite.

Révolution Permanente : Pourquoi préserver le statut des cheminots ? Et quels peuvent être les moyens pour gagner cette bataille ?

Vincent Duse  : Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans tous les secteurs du privé, à PSA comme ailleurs, quand l’un d’entre nous est attaqué, nous le sommes tous : la solidarité de classe doit toujours primer face au patron. Dans le rapport Spinetta, les cheminots ne sont pas les seuls visés : outre le fait qu’il vise à privatiser la SNCF et à casser le statut des cheminots (et notamment leur régime de retraite) ; c’est aussi toute la population qui est attaquée, avec des billets de trains plus chers pour se rendre au boulot, voire pas de train du tout dans les zones plus éloignées que la SNCF ne juge pas rentables. A l’image de ce que fait PSA dans les usines, c’est aussi une précarisation des emplois de tout le secteur du rail qui se prépare, car les futurs embauchés le seront sous contrat privé, bien moins protecteur que le statut cheminot. Face à cela, c’est non seulement un mouvement de grève à la SNCF qu’il faut construire, mais aussi un tremplin pour unifier tous les secteurs qui sont dans la même situation. Avec le bulldozer Macron en face de nous, il va falloir sérieusement s’organiser et se coordonner pour mener un affrontement qui le fasse reculer.

Révolution Permanente : Que penses-tu des appels à manifester et à faire grève le 22 mars ? Est ce que les organisations syndicales sont capables de préparer un mouvement interprofessionnel ?

Vincent Duse : C’est en tout cas ce qu’il faudrait faire nationalement, sans perdre de temps dans les concertations et les rencontres organisées par l’Elysée, qui cherchent à déplacer le combat sur le terrain du dialogue social pour faire accepter un projet destructeur. Il n’y a pas de négociations à faire concernant des attaques qui font reculer d’un siècle les conditions de travail de dizaines de milliers de cheminots : les reculs sociaux ne se négocient pas, ils se combattent. La journée de mobilisation du 22 mars, qui est originellement une date pour défendre le statut des cheminots et lutter contre la privatisation, doit être reprise par toutes les équipes syndicales combatives lutte de classe pour en faire un mouvement national. Il n’y a pas un secteur en France qui ne subit pas des plans de licenciements : que ce soit dans l’industrie, dans les hôpitaux et ailleurs, la précarité est si forte et les salaires si bas qu’il est de plus en plus difficile de vivre dignement. Dans le même temps, tous les grands groupes affichent des profits records : jamais les patrons n’ont eu autant de dividendes. En dessous, celles et ceux qui font tourner la société n’ont que les miettes. Face à ce mépris, nos intérêts doivent converger et casser les barrières du corporatisme : peu importe notre tenue de travail ou notre contrat ; si demain tous ceux qui travaillent s’arrêtent, alors plus rien ne fonctionne. Une société sans patron ni actionnaire peut vivre ; une société sans les salariés est forcément à l’arrêt. C’est bien cette force et notre confiance collective en tant que classe ouvrière qu’il faudra mettre en mouvement pour gagner.




Mots-clés

Rapport Spinetta   /    SUD-Rail   /    Cheminot-e-s   /    FO   /    CGT   /    SNCF   /    PSA   /    Notre classe