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Jeunesse

Un pas en avant dans la répression

La droite sénatoriale veut punir d’un an de prison et 7500€ d’amende les blocages de partiels

La lutte contre la loi ORE, qui a animé le mouvement étudiant depuis février, avait donné lieu, après les vacances de printemps, à d’innombrables blocages de partiels dans les universités mobilisées. Un groupe de sénateurs, des Républicains et de l’UDI, veut pouvoir punir ces blocages de partiels.

Ils sont 55 sénateurs, des groupes Républicains de UDI à avoir déposé une proposition de loi, à la mi-mai, visant à renforcer la répression contre le mouvement étudiant, notamment lorsqu’une des formes de sa lutte s’incarne dans le blocage des partiels. Comme ils l’écrivent eux-même, « les mouvements de protestation contre la loi ORE ont profondément déstabilisé l’organisation des cours et des examens », et, comme de nombreuses figures de la droite l’ont répété tout au long du mouvement, la droite sénatoriale voudrait plus réprimer les étudiants qui osent refuser les lois rétrogrades du gouvernement.

Le contenu de leur proposition de loi est simple : punir d’un an d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur [...] dans le but d’entraver l’organisation de l’examen terminal universitaire ». Une proposition de loi qui, si elle venait à être adoptée, permettrait de réprimer beaucoup plus simplement les étudiants comme ceux de Nanterre ou de Tolbiac qui ont pu empêcher un certain nombre d’examens de se dérouler au moment même où les facs étaient évacuées partout en France.

La loi s’inscrit plus généralement dans un contexte de répression accrue du mouvement étudiant en France. Ce vendredi, de nombreux étudiants passaient en procès au tribunal de grande instance de Paris pour avoir occupé le lycée Arago le 22 mai à la fin d’une manifestation. Quand les forces de police, sur des manifestations comme celles du 1er mai, raflent une centaine de manifestants en fin de manifestation, c’est la liberté de se mobiliser qui est aussi en jeu. Si les remous dans les universités sont loin d’être terminés, certains sénateurs, qui ont à coeur que la destruction de l’université publique se passe dans la plus grande tranquillité, espèrent que la répression des militants étudiants permettra de continuer la politique macronienne en toute sérénité.




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