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Politique

Ça chauffe sous le képi !

Le grand retour des manifs de flics ?

La nouvelle année marque le retour d'un phénomène qui ne nous manquait pas tellement. Des manifestations ou des rassemblements de policiers ont été organisés dans plusieurs villes, appelés par des syndicats comme Alliance ou bien Unité SGP FO Police.

Crédits photo : Laurent Troude / Libération

Ils manifesteraient contre des « situations insoutenables » liées à leur profession. Liées aux différentes agressions sur gendarmes qui ont eu lieu ces dernières semaines. Voilà donc plusieurs dizaines de flics qui se sont rassemblés devant les commissariats de plusieurs villes dont Tours, Limoges et Toulouse. Ils revendiquent que des peines de prison soient appliquées pour les agressions, que les affaires soient traitées en comparution immédiate ainsi que la création d’un pôle de magistrats spécialement habilité à traiter de ces violences vis-à-vis des « représentants de la République ». Gérard Collomb les a reçus mercredi.

Retour des manifestations 2016

Faible flashback des manifestations de nuit organisées par la police où des hommes en uniformes défilaient, arme à la ceinture, dans les rues de Paris et d’ailleurs. Des centaines d’entre eux réagissaient aux slogans des manifestations de la loi Travail « Tout le monde déteste la police ».. Durant ces manifestations, des syndicalistes de l’Unsa soutenaient mordicus que les morts par la police n’existent pas en France. Que Rémi Fraisse (dont l’affaire a été classée sans suite) avait simplement ramassé une grenade et en était mort.
Ces rassemblements avaient été le lieu de rendez-vous des personnalités politiques d’extrême droite comme Gilbert Collard et Marion Le Pen.

Respect et protection

C’est ce que revendiquent les flics : du « respect et de la protection ». Demande paradoxale quand on sait que récemment le corps de Mariama Kallo, femme assassinée, à Montreuil, par son mari de 23 coups de couteau, a été retrouvé gisant sur le trottoir depuis la veille alors que des policiers étaient déjà passés à ce moment-là à l’appel du voisinage.

« La honte doit changer de camp » : c’est la phrase qu’on peut trouver sur quelques tracts d’Alliance, le syndicat de flics à l’origine des appels à rassemblement dans différentes villes de France. Mais de quel camp parle-t-on ? Est-ce que c’est du camp de Rémi Fraisse, assassiné par la police à la zad de Sivens ? Ou bien celui d’Adama Traoré, assassiné par la gendarmerie dans la caserne de Beaumont-sur-Oise ? Du camp de toutes les victimes des harcèlements et des violences policières ? Non, on sait très bien que ces manifs comme celle de 1984 et de 2016 se basent sur des revendications au droit à réprimer toujours plus fort les jeunes de quartiers populaires ainsi que les prochaines manifestations.




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