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Politique

Les identitaires français en avaient rêvé, le gouvernement italien le fait

Le navire humanitaire « Aquarius » et les 600 réfugiés à son bord rejetés par l’Italie et Malte

Le bateau « Aquarius » est allé sauver des migrants en Méditerranée ce dimanche. Avec le secours et la présence de l'ONG française « SOS Méditerranée » plusieurs centaines de migrants ont été recueillis et soignés sur le dit bateau dont 7 femmes enceintes et 11 enfants en bas âges et 123 mineurs isolés. Mais ce lundi matin, le bateau cherchait encore un endroit où jeter l’encre, après avoir été rejeté par l’Italie et par Malte. C’est finalement en Espagne que le navire a accosté.

Ce dimanche, au large de la mer Méditerranée, « l’Aquarius » a sauvé des centaines de migrants souvent forcés de quitter leurs pays. Alors que le bateau de 80 mètres de long ne peut accueillir que 600 personnes, il était déjà au-dessus durant ce sauvetage avec plus de 630 réfugiés sauvés et n’avait pas suffisamment de ressources pour soigner et nourrir toutes les personnes à bord. Le responsable des opérations maritimes du bateau, Antoine Laurent, ajoute que certains des migrants « sont tombées dans l’eau, ont bu la tasse et ont été brûlées par le fioul. On n’a pas de cas médicaux graves, mais ça pourrait assez vite empirer. »

L’intervention de secours avait débuté le samedi soir alors que le centre de coordination des secours à Rome avait été alertée par les observations de la mission de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée au large des côtes libyennes, à l’Est de Tripoli. Se faisant, ils ont demandé à l’équipe de « l’Aquarius » de venir en aide rapidement pour plusieurs embarcations en mauvaises postures, dont une qui a coulé.

Depuis 24 heures le responsable du bateau affrété par l’association « SOS Méditerranée » cherche un port où pouvoir accoster. Les migrants secourus en mer sont pris en charge par le pays qui coordonne les secours selon le lieu où ils ont été sauvés, de ce fait c’est en Italie que le bateau aurait dû s’arrêter. Rappelons que le droit international maritime donne la possibilité d’accoster au plus près possible, en l’occurrence Malte ou l’Italie

Seulement le centre de coordination de secours maritime italien a exigé que « l’Aquarius » reste dans sa position actuelle à 32 miles des côtes siciliennes. Ainsi le nouveau gouvernement italien, qui est une coalition du Mouvement 5 étoiles et de l’extrême droite avec la Ligue, a refusé par la suite d’accueillir le bateau et de venir en secours au bateau surchargé, en situation d’insuffisance de nourriture et de soins.

Le nouveau ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a fait des déclarations depuis que le nouveau gouvernement italien est en place, contre l’accueil des migrants ainsi que des prises de paroles islamophobes et ouvertement racistes. Il s’est, par ailleurs, félicité d’avoir refusé et ne souhaite plus que l’Italie soit le point de coordination pour l’accueil des réfugiés en Europe. Une décision qui a tout de suite été relayée sur les réseaux sociaux avec le terme « chiudiamoiporti » (« fermons les ports »).

Ainsi, le gouvernement italien applique la politique ultra-xénophobe qu’avaient tenté de mettre en place des groupuscules d’extrême-droite autoproclamés milices des mers, à l’image d’Identitaire en France qui, il y’a quelques mois, avaient mis en ligne un pot commun pour récolter des sous pour leurs campagnes « Defend Europe » dont le but, affiché clairement, était d’entraver le sauvetage en mer des réfugiés.

Malte a décliné aussi d’accueillir les réfugiés prétextant un nombre de places insuffisant et se dédouanant en pointant l’insuffisance de budget pour l’accueil des réfugiés dans les Etats européens. Quelques jours auparavant, durant le sommet européen des ministres de l’intérieur, aucunes prises de décisions concernant la gestion des situations dramatiques dont les réfugiés font face actuellement n’ont abouti.

La France, quant à elle, n’a rien à envier à l’Italie concernant les prises de positions contre l’accueil des réfugiés puisque Collomb a durci les moyens de disposer du droit d’entrée en France avec la nouvelle loi « asile et immigration ».

C’est finalement en Espagne que le navire a accosté, alors que le pays sort d’une situation politique qui a mené à un nouveau gouvernement dirigé par Pedro Sanchez en opposition à l’ancien gouvernement conservateur de Rajoy, qui a accepté ce lundi après-midi l’amarrage du bateau au port de Valence. Geste humanitaire ou enjeux politique ?

Aujourd’hui, aucune politique claire n’est menée pour aider les réfugiés. Les pays impérialistes qui sèment les guerres et la pauvreté aux quatre coins du monde ont beaucoup plus de mal à accueillir ceux qui fuient leurs désastres qu’à les provoquer.

Crédits photos : DARKO BANDIC / AP




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