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Jeunesse

AG ce jeudi

Le président de l’Université de Toulouse le Mirail passe en force et impose la fusion

Après la consultation de la semaine dernière qui a donné le « non » au projet de fusion très largement gagnant, le Conseil d'Administration s'est tenu aujourd'hui sous protection policière pour voter ce projet. Le Président de l'université, qui avait promis de suivre la volonté des personnels exprimée dans la consultation, s'est tout simplement assis sur cette consultation en faisant passer de force le « oui », au terme d'un scrutin à la légalité toute relative ! Face à cela, la riposte des étudiants et des personnels, administratifs comme enseignants, trompés par le Président, s'organise. Ils se réunissent en AG dès demain avec comme probable perspective la grève !

« À chacun de juger ». Voilà la réponse de Daniel Lacroix, Président de l’université UT2J, au pied du mur, face à ses contradictions, accusé de mensonge par un élu du CA.

Un rassemblement était organisé ce matin pour s’opposer à la tenue de ce CA dont la légitimité était nulle sur le sujet. En effet, le taux de participation à la consultation est deux fois plus élevé que celui pour l’élection du Conseil. Par ailleurs, malgré les manœuvres de la présidence lors de la tenue du scrutin (division des votes en deux collèges pour noyer le vote des personnels administratifs dans celui des enseignants, supposés être majoritairement pour la fusion), le « non » l’a emporté dans toutes les configurations, à plus de 94 % chez les étudiants, et 62 % chez les personnels. Comme attendu, le vote du Conseil, organe à la représentativité faussée notamment puisqu’il compte en ses rangs huit personnalités extérieures à la fac non-élues, est à des années-lumières de la volonté de ceux qui font et vivent l’université au quotidien. Face à une égalité parfaite (17 « pour », 17 « contre », et 1 abstention), à la suite d’un scrutin à bulletin secret, le Président, qui n’a pas jugé utile la tenue de débats avant le vote, a utilisé sa position de pouvoir pour trancher le vote en faveur du « oui ». Le résultat de ce vote suscite, de par son déroulement, et de par sa surdité à la démocratie, de vives réactions côté personnels et étudiants.

Persuadé de la non-participation étudiante à sa consultation qui lui aurait laissé les mains libres pour manœuvrer, le Président s’est cassé les dents face à la mobilisation des étudiants et des personnels. Bien décidé à passer en force, le Président permet aujourd’hui de témoigner du caractère totalement anti-démocratique du CA. Celui ne semble toutefois ne pas l’être assez pour les vendeurs de l’université au patronat, comme l’illustre la résistance du Mirail aujourd’hui. On comprend mieux alors pourquoi le projet de fusion propose de diluer la représentation étudiante dans de nouveaux CA avec encore plus de représentants du monde « socio-économique » ou plutôt des grandes sociétés capitalistes.

Après le scandale du matin, une réunion inter-syndicale élargie s’est organisée, rassemblant côté personnel la FSU, la CGT, SUD Education, FO, et une partie de l’UNSA, et, côté étudiant, Solidaires étudiant.e.s, l’Union des Etudiant.e.s de Toulouse, les JC et l’UEC. Une réunion, où les étudiants se sont notamment prononcés unanimement favorables aux mots d’ordre : retrait du « projet de fusion » ainsi que démission du CA et du Président. C’est donc une situation qui peut rapidement déboucher sur une mobilisation à l’université. Le lancement d’une grève des travailleurs sur la fac sera discutée en AG des personnels dès mercredi, suivi de l’AG des étudiants, jeudi, qui pourrait également voter la grève. On ne peut qu’espérer qu’elles seront massives, notamment côté étudiants qui ont été plus de 4400 à se déplacer pour aller voter pour que leur mandat ultra majoritaire soit finalement bafoué par une instance tout sauf démocratique.




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