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Politique

Les Insoumis sur la brèche

Législatives partielles en Guyane : En Marche sur la sellette

C’est la troisième des huit élections législatives partielles qui se succèdent au printemps après les scrutins de juin 2017. Les deux premiers ont déjà entériné des revers pour En Marche, qui risque de perdre un deuxième siège en Guyane durant les prochains week-ends.

Il y a un mois, Macron et En Marche enregistraient leurs premiers revers électoraux dans les législatives partielles du territoire de Belfort et dans le Val d’Oise, où les Républicains ont sauvegardé un siège et en ont gagné un autre sur la majorité présidentielle. Dans la droite lignée des législatives de juin 2017, marquées par une forte abstention, et durant lesquels les députés avaient été élus avec une moyenne de 22 % des inscrits au premier tour, ces législatives partielles avaient été marquées par une forte abstention (70 % à Belfort et 80 % dans le Val d’Oise), ainsi que par une décomposition du PS.

En Guyane, ce dimanche 4 mars et le dimanche 11 mars (pour le second tour), les coordonnées vont être sensiblement les mêmes. En juin dernier, alors que l’abstention était de 57,4 % au national (un record), celle-ci était de 75,4 %, une abstention record pour la circonscription. Il faut dire que le « département » sortait d’une grève générale qui avait duré durant toute la présidentielle, et qui avait finalement cédé devant les propositions du gouvernement. Cependant, l’abstention risque d’être aussi importante durant ce scrutin partiel, qui concerne toute la côte est du « département » ainsi que les villes installées autour du Maroni.

La campagne cristallise cependant toutes les angoisses du gouvernement : au second tour, en juin, Lenaïck Adam (LREM), avait gagné face à Davy Rimane (un régionaliste soutenu par la France Insoumise), de seulement 57 voix. Cependant, l’annulation des votes de deux bureaux a amené à refaire le scrutin. Dans un contexte où les réformes entamées par Macron depuis le début de l’année ont détruit son image de « réformateur », et ont montré son caractère foncièrement de droite, Mélenchon et la France Insoumise espèrent gagner un nouveau siège au Palais Bourbon. C’est pourquoi le chef de file de la FI s’est déplacé personnellement pour soutenir Davy Rimane, candidat qui n’est autre que le secrétaire de la section syndicale UTG à EDF Guyane (en pointe dans la grève générale du printemps) et ex-porte parole du collectif Pou Lagwiyann dékolé. Face à cela, Christophe Castaner a aussi fait le déplacement pour soutenir le poulain du président.

Si la perte d’un deuxième siège à l’Assemblée Nationale n’entraînerait pas la perte de la majorité présidentielle, elle serait en revanche un désaveu pour Macron. Une défaite qui serait d’autant plus symbolique qu’elle serait la victoire d’un syndicaliste de l’UTG sur un chef d’entreprise diplômé de Sciences Po Paris. Cependant, à l’heure actuelle, un seul candidat peut d’ores et déjà se déclarer vainqueur et devenir faiseur de roi : c’est l’abstention, qui règnera une fois de plus sur le scrutin de dimanche.




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