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Politique

Extrême droite

Top 5 des affiches les plus scandaleuses de Robert Ménard

A l'occasion d'un nouveau scandale suite à une affiche pour le TGV à Béziers, nous vous proposons ici un petit top 5 des visuels les plus scandaleux des campagnes d'affichages de la ville de Robert Ménard.

Crédits photo : PASCAL GUYOT / AFP

Il a été difficile de faire un choix tant la municipalité de Béziers a de "bonnes idées"... Nous avons fait un classement, mais en aucun cas celui-ci ne représente une hiérarchisation des oppressions ou des préoccupations de la part de la rédaction. Devant tant de concentré de haine envers les femmes, les LGBTI, les migrants, les quartiers populaires, les musulmans ou assimilés comme tels, il nous a semblé important de rappeler les campagnes successives de la municipalité de Ménard à travers ce qu’on peut appeler un pot-pourri.

5. Liberté-Egalité-Fidélité. Robert Ménard détourne la campagne contre le SIDA


En novembre 2016, une campagne d’affichage de prévention contre le SIDA à destination des personnes gays qui avait été lancée par le gouvernement, avait déchaîné les passions et l’émoi des réactionnaires et conservateurs du pays. Ménard a eu, avec son équipe, l’idée de la parodier. Les deux hommes d’une des affiches ne figurent plus dessus mais il y a bien un homme, en costume, élégant et viril et une femme, belle et féminine. Les deux protagonistes s’enlacent, se regardant les yeux dans les yeux. La profondeur de leurs sentiments est palpable, c’est profond, c’est sérieux. Cela ne s’appelle pas du « sexe entre hommes » mais de l’amour. Ce n’est ni « un coup d’un soir », ni un « coup d’essai » mais l’histoire d’une vie, l’abnégation totale « aimer, se donner, tout donner ». La devise de la République : « Liberté, Egalité, Fraternité » est ici détournée « Liberté, Egalité, Fidélité ». D’une campagne de prévention publique voulue par le gouvernement de l’époque face à l’inquiétante recrudescence du VIH en France, Robert Ménard préfère donc une promotion du seul mariage hétérosexuel, de la monogamie et de la fidélité.

4. Désormais la police a un nouvel ami. Le shérif de Béziers


Un pistolet 7.65 automatique, flanqué des couleurs du drapeau français sur fond bleu marine. Une couleur en guise de clin d’œil envers le FN qui a soutenu la candidature de Ménard ? En tout cas, cela reste une provocation, une campagne d’affichage qui invite à un climat de peur et de haine. Début février 2015, un mois après l’attaque visant la rédaction du journal Charlie Hebdo et celle de l’Hypercacher, elle entretient un sentiment de peur, la menace est permanente, et elle vient de musulmans. De plus, promouvoir l’armement des forces de répression dans un pays où la police ne cesse d’assassiner, de violer et de "ratonner", le symbole est fort en direction des quartiers populaires. Quelques mois après cette affiche la police municipale de Béziers tuait un homme. Le militant trotskiste Maurice Rajsfus, l’un des fondateurs de l’Observatoire des libertés publiques, recense une moyenne de 10 à 15 morts par an à la suite d’opérations de police, soit en cinquante ans au minimum 750 morts. Bien évidemment c’est un chiffre minimal, car combien d’assassinats policiers ne sont pas recensés ? Étrangement, le profil type du mort est "un jeune homme des quartiers populaires, d’origine maghrébine ou d’Afrique Noire". Nous pensons à Adama assassiné il y a 1 an et demi et dont la famille subit un terrible acharnement policier et judiciaire puisque deux de ses frères viennent d’être à nouveau arrêtés.

3. A l’affiche : « Ils arrivent », le nouveau film d’épouvante de Robert Ménard


« Ils arrivent », un slogan pour effrayer les Biterrois quant à l’annonce d’une augmentation des places d’accueil des migrants dans la ville. Entre détournement de la réalité et instrumentalisation islamophobe, on préférerait presque croire à une mauvaise blague. Les affiches qui ont fleuri dans la ville en octobre 2016 étaient accompagnées d’un communiqué de la Mairie dénonçant « l’incroyable mépris de l’Etat pour les Biterrois ». On peut ainsi y lire que la mairie a appris « par une indiscrétion […] qu’un nouveau Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile ouvrirait très prochainement ». Et ce par décision de l’État sans consultation de la municipalité. Le communiqué laisse entendre que cette arrivée de migrants serait contradictoire avec le travail de « re-dynamisation du centre-ville ». Et finit par s’insurger d’une « politique qui consiste à ouvrir grand les portes de notre pays à une véritable immigration de peuplement », promettant la « résistance » des Biterrois. Cette affiche reprend un montage sorti en 2015 dans le Journal de Béziers, à l’époque attaqué en justice par l’AFP. On y voyait déjà à l’époque un groupe de personnes racisées, femmes voilées, sacs sur le dos et enfants sur les épaules. Devant eux, un train d’une autre époque sur lequel il est inscrit « Béziers, 3865 km. Scolarité gratuite. Hébergements et allocations pour tous. » En bas, le même « Ils arrivent ! » en grosses lettres jaunes, tel un avertissement. Et en haut, une petite citation de Ménard en personne : « Notre émotion est forte. Mais aidons les réfugiés sur place ! » . Ce dossier anti-migrants s’accompagnait tranquillement d’une vidéo du maire expulsant les migrants de « sa » ville.

2. L’Etat étrangle nos communes, la rhétorique des violences conjugales


Pour dénoncer la baisse des dotations aux collectivités territoriale par Macron d’une hauteur de 300 millions d’euros, la municipalité de Béziers a décidé de l’illustrer à l’aide d’un dessin montrant un homme étranglant une femme alors même qu’en 2017, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France. Cette statistique froide ne prend pas en compte les féminicides commis par un proche, un membre de la famille, un inconnu. Elle ne prend pas non plus en compte ces autres féminicides qui ne sont pas traités comme tels car la scène de crime est maquillée ou mise en scène et dont la police s’empresse de clore le dossier.

1. Avec le TGV elle aurait moins souffert ! La banalisation du féminicide


Les deux dernières peuvent malheureusement avoir la même légende tant le féminicide semble inspirer la municipalité de Béziers. Ici, c’est tout simplement une apologie des violences faites aux femmes et du féminicide. D’ailleurs comment ne pas faire le lien avec le meurtre d’Emilie, une femme de 34 ans, mère de 4 enfants, assassinée en juin dernier par son mari qui l’avait attachée sur une voie avant de lui-même se suicider, percuté par le même train ? L’histoire était suffisamment abjecte et effroyable pour avoir fait le tour de la presse et des réseaux sociaux. Un féminicide de plus : la femme décédée ce matin-là fait partie des 117 victimes qui, le 25 novembre, avaient déjà été assassinées au cours de l’année 2017. Avec cette affiche, Robert Ménard se permet de tourner en dérision les féminicides ... deux semaines après la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. En se moquant de femmes assassinées, il diffuse l’idée que les féminicides ne sont pas un sujet sérieux et grave. Il les encourage. Sa communication s’apparente à une apologie du féminicide et des violences faites aux femmes. Banaliser les violences ainsi, c’est en quelque sorte se rendre complice des coups portés.




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