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Genres et Sexualités

Micro-trottoir lors de la manif toulousaine

« Il y aura encore plus de précarité pour les femmes »

Ce mardi 12 septembre signait la première journée de mobilisation contre la loi travail XXL. A Toulouse, 16 000 personnes ont répondu à l'appel de la CGT. Parmi elles, les femmes, premières dans la ligne de mire des ordonnances Macron, témoignent.

Crédit Photo : François Lafite

Les ordonnances prévues par le gouvernement Macron constituent une attaque de plein fouet contre le monde du travail. Et les travailleuses seront les premières touchées comme l’ont rappelé plusieurs associations féministes dans une tribune publiée le 6 septembre sur Médiapart. Cette réalité, Martine du CHU de Toulouse venue manifester à Toulouse ce 12 septembre en est bien consciente. Pour elle, cette nouvelle loi travail contribuera forcément à creuser les inégalités hommes-femmes, notamment parce que « les femmes sont plus touchées par le temps partiel non choisi » et seront donc les premières victimes de la loi travail. Si l’on ajoute à cela « les suppressions d’emplois annoncées », dûe entre autres à la facilitation des licenciements que permettra la loi travail, nul doute pour Martine qu’« il y aura encore plus de précarité pour les femmes ». C’est ce que confirme Cécile, militante CGT travaillant dans une société d’assurances, pour qui cette précarisation plus importante « impactera aussi la vie privée ». En effet, parmi les droits prévus par les conventions collectives de branche se trouvent notamment la possibilité des congés enfants malades pris majoritairement par les femmes mais aussi l’allongement du congé maternité ou du temps de travail des femmes enceintes. Or, avec la loi travail, chaque entreprise pourra définir ses propres accords en faisant fi des accords de branche.

« Il faut informer les plus précaires »

Sandrine, animatrice à Cugnaux pense que ses collègues femmes ont bien conscience de la menace que constitue la loi travail, mais pour beaucoup, hommes comme femmes manquent d’information pour se mobiliser. « Dans notre métier, certain-e-s refusent de manifester de peur de perdre encore plus leur travail ». Pour Cécile au contraire, « beaucoup ne se rendent pas compte du danger que représente la loi travail ». Au CHU de Toulouse, où travaillent majoritairement des femmes, c’est « tous les matins » que Martine s’engage à alerter et informer ses collègues car le combat ne « pourra pas se faire sans l’ensemble des salarié-e-s ». En évoquant les divisions qui fragilisent le mouvement social, elle enjoint « les egos [à] céder la place à l’esprit collectif ».

« Il faut continuer à se battre »

La suite de la lutte, Sandrine de la CGT l’espère positive. Elle rappelle que le mouvement « contre la loi El-Khomri a été une mobilisation très importante en comparaison des 20 dernières années » et même si elle redoute « un essoufflementgénéral », elle reste déterminée à « se battre » car si elles ne le font pas qui se battra pour elles ? Comme Martine, Sandrine et beaucoup d’autres, elle sera encore dans la rue le 21 septembre, prochain jour de mobilisation appelé par la CGT, pour défendre les droits de tous les travailleu-ses-rs.




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