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Notre classe

Contre les licenciements

Les ouvriers de Ford, avec les postiers et les cheminots au salon de l’auto ce 12 octobre !

Ce vendredi 12 octobre, les ouvriers de Ford Blanquefort tiendront un stand devant le salon de l’automobile, là où sont exposés les modèles dernier cri des constructeurs. Les cheminots de l'Intergare, les postiers du 92 ou bien encore Mickaël Wamen appellent à la convergence avec cette action contre la fermeture de l'usine de la région bordelaise.

Crédit photo : THOMAS SAMSON / AFP

Après quatre ans de pause, les ouvriers de Ford seront de retour au salon de l’automobile. Ils étaient en effet venus à plusieurs reprises (2008, 2010, 2012, 2014), pour rappeler, face au beau stand de la Ford Motor Company, la réalité de ceux qui produisent et en l’occurrence de ceux qui se font licencier après avoir permis aux dirigeants de s’enrichir. Une tentative de répression juridique avait d’ailleurs été entamée contre les ouvriers participants aux salons, qui s’était finalement soldée par une victoire des salariés
Cette année, malgré l’absence de Ford au salon, une trentaine d’ouvriers ont annoncé qu’ils seraient présents devant le salon, parmi eux Philippe Poutou, ancien candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) aux élections présidentielles qui explique à travers un post Facebook la présence de la CGT Ford à ce salon :
« Bonjour tout le monde

Une trentaine de salarié.e.s de l’usine Ford de Blanquefort installeront demain, vendredi 12 octobre, un stand "Ford" devant les portes du Mondial de l’Auto, porte de Versailles. La multinationale est absente du Salon mais nous, on y sera !

Pas pour vendre des véhicules mais juste pour défendre notre usine et nos emplois, à savoir les 850 directs et les près de 3000 induits dans la région bordelaise. Pour dénoncer un projet de fermeture injustifiable, tant il y a de profits et tant il y a eu d’argent public distribué du côté de la multinationale Ford.

Nous serons présents pour dire aussi que s’il y a des véhicules neufs et brillants, s’il y a des profit et des dividendes, c’est parce qu’il y a des salarié.e.s qui produisent, qui sont exploités jusqu’au moment où ils sont viré.e.s, licencié.e.s sans que personne ne condamne vraiment ni ne s’y oppose.
Ce qui nous arrive est scandaleux. C’est ce qui arrive chez Ford, arrive aussi du côté de GMS à La Souterraine ou pourrait arriver du côté de Bosch à Rodez, de Delphi en Charente, des Fonderies du Poitou, de Valeo à Amiens ou bien c’est déjà arrivé du côté de Goodyear à Amiens, de Metal Temple à Fumel. Il y a trop de licenciements, trop de fermetures d’usine, trop de chômage, de galères.
Nous serons devant le Mondial de l’Auto pour dénoncer ces politiques patronales qui restructurent, qui suppriment des milliers d’emplois au nom de toujours plus de rentabilité, de profits.
Nous ne nous résignons pas à la fermeture, à être licenciés. Nous menons la bataille pour sauver nos emplois. Nous sommes convaincus qu’il faut le faire ensemble, très largement, avec tous les salariés concerné.e.s et aussi avec les habitants des environs, avec la population, car tout le monde est concerné de près ou de loin.

Le sort d’une usine, ce n’est pas seulement l’affaire des ouvriers menacés directement, c’est aussi l’affaire des gens qui vivent autour, des salariés du privé comme du public, des jeunes, des retraités, de tout le monde.

Nous tiendrons notre "stand Ford" ce vendredi 12 octobre, entre 11h et 16h et nous organiserons une conférence de presse à 13 heures, devant notre stand, avec des délégations de salariés menacés aussi de licenciements.

Cela se passera normalement devant les portes du Mondial, porte de Versailles, si nous sommes "autorisés" à faire notre manifestation, ce qui n’est pas gagné alors que nous avons fait notre déclaration de rassemblement il y a plusieurs jours.

Ce serait un comble d’autoriser Ford à liquider une usine à Bordeaux et en même temps d’empêcher les salariés d’exprimer leur volonté de sauver cette usine.

Le syndicat Cgt-Ford. »

Un communiqué qui est, malgré le PSE en cours, une preuve de combativité exemplaire dans la période. C’est une nouvelle démonstration que fait ce groupe d’ouvriers, d’une part en élargissant leur lutte à la problématique générale des fermetures d’usines et des licenciements dans le pays et d’autre part sur la politique de visibilisation de la lutte en cherchant un soutien massif sur ces mêmes questions.
Pour ce vendredi, les soutiens ne manqueront pas. Mickael Wamen sera de la partie, tout comme les postiers du 92 ou bien encore les cheminots de l’Intergare ainsi qu’une délégation des ouvriers licenciés de Ford Genk (Belgique), usine fermée en 2014 dont la production a été délocalisé à Valence. Une solidarité exemplaire, à la fois interprofessionnelle et internationale, qui apparaît comme un exemple à suivre pour l’ensemble du monde de travail.




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