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Les prisonnier-e-s politiques basques continuent à mourir en prison

Kepa del Hoyo, prisonnier politique basque, est mort dans la prison de Badajoz, dans des circonstances douteuses, alors qu’il était libérable. Dans les maisons centrales de l’Etat espagnol et de l’Etat français, 340 prisonniers basque sont toujours incarcérés, et ce malgré l’annonce par ETA de la fin de ses actions et du démantèlement de son arsenal.

Kepa del Hoyo est le dix-huitième prisonnier politique basque mort en détention. Incarcéré dans la prison de Badajoz, à la frontière du Portugal, Kepa est décédé dans des circonstances troubles le 31 juillet. Âgé de 46 ans, il avait purgé les deux tiers de sa peine de trente années de prison pour son appartenance au « commando Biscaye » de l’ETA. Il était libérable, mais l’Etat espagnol s’acharnait sur lui. En 2002, il avait dénoncé un surveillant qui l’avait agressé. La direction de la prison de Badajoz a annoncé qu’il était décédé à la suite à un arrêt cardiaque alors qu’il faisait du sport dans l’un des blocs pénitentiaires. Les médecins auraient tenté, sans succès, de le réanimer. Cela ne fait que mettre en lumière, une nouvelle fois, les conditions de détention absolument scandaleuses dont sont victimes les prisonniers politiques basques ainsi que l’acharnement judiciaire qui vise également les familles et les proches.

L’éloignement, dans des prisons situées à plus de 500 km du domicile d’origine du détenu et de ses proches, contrevenant aux directives de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, oblige les familles à faire des centaines de kilomètres pour voir un détenu, au parloir, pendant 40 minutes, derrière une vitre. Au cours de ces longs trajets réalisés, le plus souvent, en voiture, et dans des conditions éprouvantes, les accidents sont fréquents. On en dénombre sept depuis le début de l’année. C’est l’une des raisons pour lesquelles les prisonniers de la centrale d’Hiriburu ont réalisé une grève de la faim au mois de juillet..

Le 6 août, un rassemblement a été organisé sur la plage d’Hendaia-Hendaye et dans treize autres localités d’Euskadi par Etxerat et les associations de défense des droits des prisonniers pour exiger le respect des droits des prisonniers et la possibilité de retour au pays pour les exilés alors que samedi une grande manifestation d’hommage à Kepa était organisée à Galdakao (Biscaye), localité où il avait grandi. Révolution Permanente relaie les revendications légitimes des prisonniers basques.




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