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Monde

Précarité universitaire

Les étudiants salariés des facs de Berlin vont faire grève pour leurs conditions de travail

À partir du mardi 16 janvier prochain, les étudiants des universités berlinoises seront en grève. Ils exigent des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail, ainsi que les primes de Noël.

Les syndicats Ver.di et GEW appelleront les quelques 8000 étudiants travailleurs à faire la grève mardi. Pour la première fois depuis 1986, ces employés qui étudient également dans les universités seront en grève. Après l’échec des négociations avec les universités, c’est pour eux le seul moyen de faire respecter leurs exigences. Il s’agit notamment d’une augmentation des salaires à 14 euros de l’heure et d’une prolongation du paiement en cas de maladie. Les salaires sont la principale revendication : il n’ y a pas eu d’augmentation de salaire au cours des 17 dernières années. Actuellement, le salaire horaire est de 10,98 euros, ce qui n’est plus suffisant compte tenu de l’augmentation du coût de la vie à Berlin.

Les universités remplacent maintenant les emplois permanents par du personnel auxiliaire à faible coût pour économiser plus d’argent. Par conséquent, il y a de moins en moins d’employés permanents qui travaillent dans les universités.

La lutte des étudiants pour une nouvelle convention collective salariale s’inscrit dans le cadre de divers conflits entre travailleurs précaires à Berlin et leurs employeurs. Ces derniers mois, les travailleurs des hôpitaux ont également été en grève et sont touchés par des problèmes similaires. Mais cela signifie aussi que la solidarité mutuelle sera assurée, car les étudiants ont aussi soutenu les travailleurs par le passé. Cette unité de travailleurs et d’étudiants sera également nécessaire pour gagner contre la direction universitaire néolibérale.

Étant donné que les étudiants travailleurs sont employés dans une grande variété de secteurs - dans les bureaux des professeurs, les bibliothèques ou dans l’administration - il est tout à fait possible que la grève ait un caractère paralysant pour la vie quotidienne à l’université. Cependant, il sera également nécessaire que tous les autres étudiants fassent preuve de solidarité et participent aux activités. Par exemple, une manifestation universitaire doit avoir lieu le jour de la grève.

Le même jour, il y aura également une réunion de grève, où les étudiants travailleurs discuteront des prochaines actions de la mobilisation. Les affiches pour les grèves sont déjà visibles et il y aura également des élections au parlement étudiant dans les universités la semaine prochaine. C’est donc une excellente occasion de combiner la campagne électorale et la grève.

La grève sera aussi l’occasion de créer une nouvelle dynamique au sein des étudiants. Les dernières années ont été marquées par la passivité. La lutte pour une nouvelle convention collective pour les étudiants sera l’occasion de briser cette passivité et de livrer une nouvelle bataille pour les intérêts de tous les étudiants. Bien que tous les étudiants ne travaillent pas à l’université, en Allemagne, près de 70% d’entre eux doivent travailler à temps partiel pour financer leurs études.

L’ancienne et unique convention collective pour les étudiants de toute l’Allemagne a été remportée dans les années 1980 par des semaines de grèves d’étudiants et de salariés étudiants. A cette époque, les exigences démocratiques des étudiants et les exigences économiques des tuteurs se rejoignaient.
Dans ce contexte, la grève à venir sera donc l’occasion de construire un nouveau mouvement d’étudiants contre les conditions d’études de plus en plus dégradées.




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