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Impunité impérialiste

Massacre à Gaza : les États-Unis bloquent une demande d’enquête indépendante de l’ONU

Le massacre de l'armée israélienne à l'égard du peuple palestinien lors de l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, qui a tué une cinquantaine de personnes et en a blessé plus de 2000, a déclenché une vague d'indignation internationale. Cependant, l'Etat hébreux peut compter sur le soutien fidèle des Etats-Unis, qui ont bloqué, au travers d'un véto, la demande d'enquête indépendante demandée par l'ONU.

Crédits Photo : AA / Eşref Yeftale

Malgré les réactions d’indignation de plusieurs grandes puissances dans le monde, les crimes d’Israël lors de la journée d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, qui coïncidait avec le 70e anniversaire de la fondation de l’Etat sioniste, ne feront pas l’objet d’une enquête internationale sous contrôle de l’ONU. Ainsi, en dépit de la déclaration de la secrétaire d’Etat anglaise au Proche-Orient et à l’Afrique du Nord, Alistair Burt, selon laquelle « le Royaume-Uni soutient une enquête indépendante sur ce qui s’est passé », le Conseil de sécurité de l’ONU se trouve bloqué par le veto américain.

L’ambassade américaine, que Trump a fait déplacer de Tel-Aviv à Jérusalem, signant par là même un alignement total du gouvernement nord-américain avec l’aile dure de l’establishment israélien dans la reconnaissance de sa domination sur les territoires palestiniens, aura donc été inaugurée dans le sang de plus de 50 palestiniens, tués lors des manifestations, et de près de 2400 blessés.

Le spectacle a été d’ailleurs l’un des plus cyniques et choquants de l’histoire récente dans le conflit entre les palestiniens et les colonisateurs israéliens : au même moment que des dizaines de personnes se faisaient massacrer à Gaza, à Jérusalem on se prenait en photo devant l’ambassade, on célébrait, digne d’une soirée de gala mais bien entachée du sang palestinien. C’est bien tout cela qui a choqué même les gouvernements les plus fervents défenseurs d’Israël en Occident, obligeant l’ONU à réagir.

Mais la Maison Blanche n’en reste pas à camper sur sa position. Refusant le communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’indignait notamment « face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement », elle attaque par la voix de Raj Shah, porte-parole adjoint de l’exécutif américain, en attribuant entièrement « la responsabilité de ces morts tragiques » au Hamas, dans un soutien total à la rhétorique guerrière de Netanyahu.

Le Hamas était bien sûr présente mais lui imputer la responsabilité de la mort et des blessures causées par une armée israélienne sur-équipée et dressée pour tuer, comme les violences des semaines dernières le prouvent amplement, c’est cautionner la politique génocidaire d’Israël à Gaza.

Les palestiniens présents ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester contre la provocation américaine et contre la violence continue que l’Etat hebreux exerce sur eux. Prétendre que c’est le Hamas qui organise tous ces mouvements et instrumentalise les populations locales, c’est tenter de discréditer le mouvement.

Les jeunes palestiniens qui manifestent, parfois à coup de pierre, ce ne sont pas des « terroristes », les véritables terroristes ce sont les responsables du carnage de ce lundi 14 mai : c’est la politique coloniale d’Israël et la répression massive de Tsahal.




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