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Politique

Justice et vérité pour Aboubakar

Meurtre d’Aboubakar. La colère s’empare des quartiers populaires, la police réprime

Pendant que police et médias s’accordent à justifier l’injustifiable, les quartiers populaires de Nantes s’embrasent et sont durement réprimés par les policiers et CRS qui portent le même uniforme que celui qui a abattu Aboubakar d’une balle dans le cou.

Crédit photo : AFP/Damien Meyer

Le CRS qui a abattu Aboubakar d’une balle dans le cou tirée à bout portant, a changé de version devant les vidéos et les nombreux témoignages du quartier contredisant sa version. Celui-ci affirme, à présent, que ce n’était pas de la légitime défense mais un accident.

Il a été mis en examen pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec cette circonstance aggravante que les faits ont été commis par une personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme ».

Comment en tirant une balle à bout portant on peut dire que la mort est involontaire ? Une inculpation qui donne fois à la version du CRS mais qui permet également de tenter de calmer la colère des quartiers populaires et de clore rapidement l’affaire.

Il en faudra sans doute plus pour calmer la jeunesse de ces quartiers qui depuis la mort d’Aboubakar laisse exploser sa colère légitime. Lors de la nuit suivant la mort du jeune homme, les forces de répression, déployées en masse, ont arrêté 11 personnes. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, la vague de contestation n’a pas faibli et la police a une fois encore réprimé, arrêtant cette fois-ci 3 personnes.

La mort d’Aboubakar est une histoire que nous connaissons bien en France, et qui semble se répéter inlassablement. Un jeune, racisé, dans un quartier populaire, tué à la suite d’un contrôle d’identité, ou plutôt un contrôle au faciès. Zyed et Bouna, Adama et bien d’autres qui ne sont pas médiatisés. Cette colère qui s’exprime en ce moment dans les quartiers populaires de Nantes est l’expression de la révolte contre un système raciste qui enferme dans des cités où règne misère, pauvreté et chômage les populations issues de l’immigration et leurs descendants. Une révolte contre l’impunité policière, cette police qui assassine, tabasse, viole afin d’imposer leur État de droit.

Jeudi, plus de mille personnes se sont réunis lors de la marche blanche de Breil pour réclamer justice et vérité pour Aboubakar et soutenir sa famille. Ce drame n’est pas un accident, le CRS n’est pas une brebis galeuse. La mort d’Aboubakar vient s’inscrire en bas de la longue liste des victimes arbitraires de la police, reflet du racisme structurel de l’État à l’égard des quartiers populaires.




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