^

Notre classe

Coup de gueule d'un cheminot

Ministres, actionnaires, PDG... combien nous coûtent les véritables privilégiés ?

Alors que les cheminots, comme avant chaque attaque les concernant, subissent une véritable cabale médiatique contre leur statut, les montrant du doigt comme des nantis, il convient de regarder d’un peu plus près les fiches de paie et les avantages dont bénéficient ceux qui sont à la manœuvre dans cette bataille médiatique.

Crédits Photo : CC0 Public Domain

Le président de la république

Alors c’est sûr que par rapport à un patron du CAC 40 il n’est pas tant payé que ça, mais il est quand même largement au-dessus du salaire moyen des français. Mais cet argent là, ce n’est que de l’argent de poche puisque tout est payé (loyer, électricité, transport, …) par le contribuable. Pire, même la première dame, que personne n’a élue, coûte un bras aux Français en gardes du corps, transports, etc. Et même en retraite, les anciens présidents de la république continuent de coûter la peau des fesses aux Français : en plus de leur pension (normal) cumulable avec d’autres retraites, comme celles de député ou encore conseiller général (là ce n’est pas normal : est-ce que le Français moyen qui ferait 15 métiers différents au cours de sa carrière pourrait toucher 15 retraites différentes à taux plein ?). Un président de la république à la retraite peut continuer aussi d’avoir des gardes du corps, du personnel de service, une voiture de fonction avec chauffeurs, un appartement de fonction, … Mais rassurons-nous : 5 ans après la fin de son mandat il cessera d’avoir un accès gratuit illimité à la SNCF. Encore heureux. Pendant que le Français moyen paie le train pour aller travailler, à quel titre pourrait-il le prendre gratuitement pour ses loisirs ? S’il est encore trop tôt pour évaluer le coût de Hollande depuis son départ de l’Elysée, d’après différentes sources, les anciens présidents de la république VGE, Chirac et Sarkozy coûtent près de 10 millions d’euros par an au contribuable, à eux 3.

Les ministres

Si la retraite à vie des ministres est une légende, ils ont toutefois le droit de conserver leur salaire de ministre pendant 3 mois après la cessation de fonction, tant qu’ils n’ont pas retrouvé un emploi. Cependant, d’une part, de nombreux ministres récupèrent un poste d’élu une fois qu’ils quittent un gouvernement, ce dont de nombreux chômeurs aimeraient bien pouvoir profiter après un licenciement économique, par exemple, et d’autre part les anciens premiers ministres ont officiellement droit à un secrétaire et une voiture de fonction avec chauffeur, et plusieurs anciens « simples » ministres ont aussi une voiture de fonction avec chauffeur, soi-disant pour raison de sécurité.

Les députés

Ils ont déjà une indemnité parlementaire permettant de mieux vivre que l’immense majorité des français : 7209,74€ brut mensuel, auxquels peuvent s’ajouter entre 692 et 7267€ d’indemnités de fonction. Ils bénéficient en outre d’une avance mensuelle de frais de mandat de 5373€ et d’un crédit mensuel de 10581€ affectés à la rémunération des collaborateurs, hors cotisations sociales, prises en charge par l’assemblée. Ils ont en plus des avantages en nature : circulation illimitée sur le réseau SNCF en 1ère classe, des voitures avec chauffeur pour se déplacer dans Paris et l’Ile-de-France, carte nominative sur demande pour circuler en IDF sur le réseau RATP et Transilien, 80 déplacements aériens par an de ou vers leur circonscription et 12 hors circonscription, un bureau individuel à l’assemblée, un équipement informatique, téléphonique et connexion internet, etc etc. La liste des avantages des députés est tellement longue… Ils peuvent également rafler 57% de l’indemnité parlementaire à la fin de leur mandat pendant 24 à 30 mois le temps de trouver un vrai travail. Quant à leur retraite, s’ils ont supprimé le régime complémentaire facultatif, ultra avantageux, en 2017, il n’en reste pas moins que nombre de Français aimeraient bien avoir le montant de leur pension.

Les actionnaires des grosses entreprises, et en particulier du CAC 40

Près de 100 milliards d’euros de bénéfice net pour les seules entreprises du CAC 40 en 2017. Et après on nous dit qu’il faut faire des efforts (déremboursement de médicaments, recul de la retraite, augmentation de la CSG, augmentation de la TVA, fermeture de classes, d’hôpitaux, …) alors que ces entreprises ont gagné à elles seules près de 25 fois le montant du déficit de la sécurité sociale sur la même année. Et dans ce moment-là ce sont bien évidemment les actionnaires qui en profitent, puisque sans créer la moindre richesse, en parasitant celles créées par les travailleurs, ils ont touché plus de 44,3 milliards juste pour le CAC 40. Et ils prévoient déjà une augmentation à 46,8 milliards pour 2018. N’ayez crainte, les entreprises du CAC 40 se portent bien. Même très bien. Au moins nous savons où est l’argent qui manque tellement aux français dont les fins de mois arrivent de plus en plus tôt. A ce jeu, il n’est pas étonnant de constater que les fortunes des Français les plus riches, hormis 3 milliardaires, ont toutes augmenté. Ils représentent le luxe (LVMH, L’Oréal, Kering, Channel …), comme quoi ce n’est pas la crise pour les riches, l’armement (Dassault), l’énergie, ou encorel’agro-alimentaire(Lactalis). A noter que la quasi-totalité des médias audiovisuels leur appartiennent. Ainsi il leur est facile de pointer les chômeurs, les malades, ou encore les cheminots en les traitant de privilégiés.

Les journalistes

Ceux qui passent leur temps à cracher leur venin sur chaque « privilégié » désigné par le pouvoir en place suivant les contre-réformes à passer bénéficient d’une niche fiscale de 7650€ par an à déduire de leur revenu imposable pour « frais inhérents à leur fonction ». S’il est vrai que pour des journalistes faisant un réel travail de terrain cette niche fiscale peut paraître justifiée, pour d’autres elle paraît totalement surréaliste. Les présentateurs de JT touchent entre 15000€ et 45000€ mensuels suivant les chaînes (hors extras) et on peut se demander quels sont leurs frais mis à part du maquillage ou le transport domicile-travail, que paie chaque Français sans avoir de niche fiscale à sa disposition.

Les PDG

Leur mission est de distribuer des dividendes aux actionnaires parasites cités ci-dessus au détriment de l’emploi. Carlos Tavares (PSA), pourtant l’un des PDG les « moins bien payés » du secteur automobile, perçoit plus de 5 million d’euros annuels. Carlos Ghosn (Renault) est lui rémunéré plus de 7 millions d’euros annuels. Les patrons de Carrefour et de Sanofi sont eux à plus de 9 millions d’euros annuels. Tout ça pour passer les ouvriers à la moulinette pour obtenir plus de productivité. Conséquences : plus de plans sociaux, des licenciements et des suicides en cascade. On peut également citer M. Spinetta : avant d’être le signataire du rapport commandé par le gouvernement pour taper sur la SNCF, les cheminots et le service public et certainement déjà écrit d’avance, il a eu une carrière au service du patronat déjà bien remplie.

Enfin, rappelons que parmi ceux qui veulent déglinguer les cheminots, nous trouvons M. Pépy, Mme Borne et Mme Pénicaud. Voilà un trio d’incompétents privilégiés : M. Pépy, président du directoire de l’EPIC SNCF et PDG de l’EPIC SNCF Mobilités est rémunéré 450000€ annuels pour un travail qui ne doit pas trop le fatiguer puisqu’il se permet de cumuler 2 postes de président. De plus, il restera dans l’histoire de la SNCF comme le seul président à avoir connu 3 grandes catastrophes ferroviaires en 3 ans tout en restant en poste. Enfin, il a accompagné toutes les réformes qui ont démoli le service public et supprimé des postes de cheminots. Ce n’est pas pour rien qu’il a été mis en place par Sarkozy et maintenu par ses successeurs. Mme Borne, actuellement ministre chargée des transports, a sa place ici, car elle se permet à chaque gros incident (Montparnasse, 2 fois et Saint Lazare) de convoquer M. Pépy, comme si ça allait changer les choses, alors qu’elle-même a été directrice de la stratégie de la SNCF de 2002 à 2007, et donc que si le réseau ferré est dans cet état en France et en particulier en banlieue parisienne, elle n’a pas besoin de convoquer Pépy pour en connaître la raison : la coupable est déjà dans son bureau. Comme pour beaucoup dans ce gouvernement, son incompétence lui a valu un portefeuille ministériel. Enfin, Mme Pénicaud, actuelle ministre du travail et destructrice du code du travail en 2017, a un patrimoine évalué par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (donc certainement sous-évalué) à 7,5 millions d’euros. Elle a pu bénéficier ainsi de la suppression de l’ISF et va économiser 62000€ par an. Mais pas seulement : ses contrats d’assurance vie de près de 6 millions d’euros qui étaient taxés au titre de l’ISF ne le seront plus au titre de l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière qui a remplacé l’ISF). Elle passe ainsi de plus de 7 millions déclarés à l’ISF après abattement à 1,250 million déclarés à l’IFI. Elle n’est donc pas imposable à ce nouvel impôt qui se déclenche précisément à … 1,3 million. Hasard ? Mais ce n’est pas tout. Elle s’est fait plus de 1 million d’euros sur le dos des salariés de Danone. Alors qu’elle était en poste en tant que DRH de Danone, elle a revendu ses stock-options après l’annonce de 900 suppressions d’emplois et réalisé ainsi une superbe plus-value. La malhonnêteté de cette femme n’est plus à prouver.

La classe politique n’est qu’un ramassis de parasites au service du patronat et vivant au crochet des travailleurs en prétendant diriger la France en leur nom. Les vrais privilégiés ne sont pas ceux qui subissent les foudres médiatiques en continu mais bien ceux qui sont nourris à rien faire parles travailleurs, et leurs chiens de garde placés à des postes clefs pour s’assurer que le peuple ne relève pas la tête.




Mots-clés

Rapport Spinetta   /    Cheminot-e-s   /    SNCF   /    Notre classe